«Je suis bien entourée» -Naïla Louidort | 7 Jours
/magazines/lasemaine

«Je suis bien entourée» -Naïla Louidort

Image principale de l'article «Je suis bien entourée» -Naïla Louidort
Photo : Patrick Séguin, Groupe TVA

Naïla Louidort n’avait aucune expérience de jeu lorsqu’elle a obtenu le rôle de la tourmentée Edwidge dans Toute la vie. La jeune femme de 18 ans savoure pleinement cette nouvelle aventure qu’elle souhaite être la première d’une carrière florissante.

Naïla, comment le personnage d’Edwidge est-il entré dans ta vie?

Ça s’est fait grâce à un appel de casting ouvert qui circulait sur les réseaux sociaux. Il y avait une brève description du personnage qui disait qu’il s’agissait d’une adolescente enceinte et métissée. J’ai posé ma candidature. On m’a demandé une vidéo de moi. J’ai alors fait appel à ma maman pour qu’elle me donne la réplique. De fil en aiguille, je suis devenue Edwidge. J’étais si heureuse!

Quelle a été la réaction de ta mère, qui t’a aidée?

Nous sommes vraiment proches l’une de l’autre et elle m’a appuyée dans tout le processus d’audition. Elle est heureuse que j’aie cette opportunité. Pas parce que sa fille passe à la télé, mais parce qu’elle sait que c’est ce que je souhaitais faire et que je veux pratiquer ce métier pour les bonnes raisons.

Pour quelles raisons veux-tu être actrice?

À travers l’art, que ce soit le chant ou le jeu, je veux toucher les gens. J’aimerais les aider en passant des messages et en montrant des facettes et des enjeux du monde auxquels ils n’ont pas nécessairement accès.

Ta mère est-elle aussi une artiste?

Non, elle est infirmière. C’est drôle parce que nous nous ressemblons beaucoup et, depuis la diffusion de Toute la vie, des inconnus l’arrêtent en la prenant pour moi. Même si ma mère a un petit côté scientifique en raison de son métier, elle n’a jamais cherché à ce que je suive ses traces. Elle ne ressent pas le besoin que sa Naïla soit la continuation d’elle-même; elle veut seulement que je sois heureuse. Elle m’appuie, me conseille et m’encadre.

Décidément, ta situation familiale n’a rien à voir avec celle de la pauvre Edwidge. Où puises-tu l’inspiration pour l’interpréter?

Ce qui m’a aidée à incarner le rôle, c’est d’imaginer qu’Edwidge est une personne à part entière. Ce n’est pas de moi qu’on parle à travers elle, et c’est correct que je ne sois pas nécessairement à l’aise dans sa situation. J’ai eu aussi beaucoup d’aide de la part de la production et du réalisateur. Sans avoir à rencontrer des jeunes femmes dans sa situation, j’ai fait des recherches en ce qui a trait à des scènes plus dures, comme celles de mutilation.

Photo : Véro Boncompagni, Radio-Canada

Quel effet cela te fait d’évoluer sur un plateau de tournage, entourée d’acteurs de renom comme Hélène Bourgeois Leclerc et Roy Dupuis?

C’est certain que j’étais assez nerveuse la première journée de tournage. Je voyais Hélène qui avait tant de facilité, et moi j’apprenais tout, y compris ce qu’est un perchiste. Je ne peux être que reconnaissante d’avoir fait mes débuts avec ces acteurs et cette équipe. Ils ne m’ont jamais fait sentir que j’étais moins importante qu’eux parce que je n’avais pas d’expérience de jeu. Au contraire, ils m’ont apporté une aide constante.

Qu’as-tu appris d’eux?

Énormément de choses. Parfois, seulement en les regardant travailler, j’assimile des connaissances. Par exemple, Hélène m’a appris à ne pas me lancer directement dans une scène. Elle rassemble toujours les acteurs avant de tourner afin de répéter et de vérifier que rien ne cloche.

Est-ce intimidant de jouer avec Roy Dupuis?

Roy en tant que tel n’est pas intimidant, c’est toute l’aura de son succès qui l’est. Je me concentre donc sur l’acteur qui est devant moi, sans penser à tout ce qui est autour.

Edwidge n’est pas un rôle facile. Le personnage demande de laisser tomber bien des barrières. Était-ce préoccupant de laisser tomber sa pudeur pour l’incarner? 

Au début, oui, je ne peux pas le nier. C’était déstabilisant pour moi de me dévoiler. Ce n’est pas une pudeur physique sur laquelle je dois passer outre, mais plutôt une pudeur morale. Cette grande fragilité d’Edwidge, il a fallu que je la puise à l’intérieur de moi, c’était gênant à révéler. Heureusement, j’ai été bien entourée, et on m’a aussi appris à ne pas m’accrocher aux scènes. Dans mes premières expériences de tournage, je n’arrivais pas à me débarrasser aisément des émotions d’Edwidge et je les ramenais à la maison. Ce n’était pas idéal...

Comment s’est déroulée la scène d’accouchement?

Encore là, j’avais le trac parce que je n’ai jamais accouché, mais Hélène Bourgeois Leclerc m’a rassurée en me disant que les acteurs qui jouent la mort sont bien vivants! J’ai ressenti de la nervosité, surtout avant de jouer cette scène. J’étais fébrile et je voulais être ouverte aux émotions d’Edwidge. Ç’a bien été, car sur place une infirmière habituée aux naissances m’a donné un coup de main. J’ai aussi eu quelques conseils d’Hélène, qui s’est basée sur son expérience de mère. 

Est-ce qu’on te parle beaucoup d’Edwidge?

J’ai reçu des messages de jeunes mamans, dont une en particulier qui s’est vraiment reconnue à travers elle. J’ai eu des discussions avec elle. Ça me touche beaucoup que mon travail résonne en elle. C’est pour ça que je veux faire ce métier.

Qu’envisages-tu pour la suite?

Je viens de terminer mon secondaire. Je m’étais inscrite au cégep, mais à la dernière minute, j’ai décidé de ne pas y aller, car je n’étais pas exactement fixée sur ce que je voulais faire. Je ne voulais pas étudier pour étudier. J’ai bien fait, car Toute la vie s’est présenté. Pour la suite, j’aimerais étudier le chant et encore plus le jeu, car ça fait maintenant partie de moi. En ce moment, je profite pleinement de ce qui m’arrive avec Toute la vie et je me prépare pour des auditions. Même si je ne décroche pas un rôle à la fin, chacune d’entre elles me procure une expérience envers laquelle je suis reconnaissante.

  • Suivez l’actrice dans Toute la vie, le mardi à 20 h, à Radio-Canada.

À lire aussi

Et encore plus