Natasha St-Pier: «Je veux revenir aux sources» | 7 Jours
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Natasha St-Pier: «Je veux revenir aux sources»

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Photo : Makam Films

C’est en toute discrétion que Natasha St-Pier a séjourné au Québec il y a quelques mois, pour enseigner le yoga lors d’une retraite. Cette discipline occupe une place importante dans sa vie, sans toutefois faire ombrage à sa carrière artistique. La chanteuse multiplie d’ailleurs les projets, dont des spectacles qu’elle viendra nous présenter l’an prochain.

Natasha, vous avez effectué un séjour en Estrie cet automne. Quel était le but de votre passage au Québec?

J’enseigne le yoga depuis un peu plus de trois ans et je travaille beaucoup en collaboration avec Yoga Journal. Je suis venue faire une retraite de yoga sous le thème «Découvrez
le Québec, ressourcez-vous, prenez soin de vous» au Spa Eastman, parce qu’ici, il y a une approche globale du corps, tant dans les soins que dans l’alimentation. De nombreux professionnels accompagnaient les gens. Moi, j’enseignais le yoga.

Est-ce qu’enseigner le yoga occupe beaucoup de votre temps?

Non, je dirais que c’est environ 20 % de mes activités. Avec les années, j’aimerais bien que ça augmente pour voyager un petit peu moins, parce que je suis toujours en tournée en France. Il arrive un temps où on a envie d’être un peu plus souvent chez soi, et le yoga me permet de partir pour de courtes périodes — comme je l’ai fait en venant au Québec pendant 10 jours —, puis d’être rapidement de retour à la maison. 

Quand avez-vous découvert cette discipline?

Ça remonte à il y a 15 ans, et c’est après la naissance de mon fils que j’ai voulu approfondir mes connaissances. J’ai suivi une formation d’enseignante de 500 heures. Il y avait tellement de choses à découvrir que j’ai continué à me former. Aujourd’hui, j’essaie d’apprendre aux gens comment appliquer la sagesse ancienne dans leur vie moderne. J’enseigne différents styles de yoga.

Vous n’avez donc pas mis votre carrière de chanteuse de côté.

Non, je chante toujours, deux ou trois fois par semaine, et j’interprète sur scène les pièces d’Aimer, c’est tout donner, avec les textes de Thérèse de Lisieux. En décembre, j’ai présenté des spectacles de Noël et je suis en train de finir un album qui sortira en août. Il parlera de la femme, de la douceur de la femme et de la mère. Je trouve qu’on évoque beaucoup la femme guerrière et forte de nos jours. Ce sont de grandes qualités, mais j’ai envie de mettre en lumière cette autre qualité qui est la douceur. Normalement, cet album devrait sortir au Québec.

Prévoyez-vous venir présenter des spectacles ici?

Oui, j’ai quelques dates de prévues en juin. Ce sera le spectacle que je présente en ce moment en France.

Avez-vous l’intention de faire un jour un retour aux sources et de proposer un album de chansons dites populaires?

Je dirais que je suis entre les deux, entre la spiritualité et la vie de tous les jours. Sur l’album, il y aura une chanson pour mon fils; c’est une maman qui parle à son enfant. Il y en a aussi une autre où je parle à ma mère. 

Et comment va votre fils, Bixente Maxime, qui a quatre ans?

Il va très bien, il est considéré comme guéri (rappelons qu’il est né avec une malformation cardiaque et qu’il a dû subir une opération à quatre mois). Il a un suivi cardiaque annuel, mais ça se passe très bien. Il faut qu’il bouge, qu’il fasse du sport, il n’y a pas de contraintes. 

On peut dire que vous avez parcouru beaucoup de chemin depuis vos débuts au Québec quand vous étiez adolescente...

Oui! J’ai lancé mon premier album à 14 ans! J’ai fait beaucoup de choses parce que je suis quelqu’un qui se lasse vite, donc j’ai besoin d’être stimulée. Avec la musique, j’ai besoin d’avoir des gens qui ont des idées, comme mon pianiste, Vincent Bidal. Il me pousse aussi à écrire. J’ai presque 40 ans et je n’ai pas encore écrit pour moi. Je commence à le faire et j’aime ça. 

Vous demeurez une grande curieuse.

Oui, j’ai cette soif d’apprendre des choses différentes. À un moment donné, j’ai eu besoin d’arrêter d’être juste la chanteuse. Je voulais donner mon opinion et prendre celles des autres, ce qui m’a amenée à animer durant un an et demi une émission. J’ai interviewé plein de gens, comme Serge Lama, Christophe Maé ou Céline Dion, des artistes qui avaient des carrières et des univers différents. Ç’a été vraiment enrichissant.

Cela a-t-il changé votre façon de voir votre métier?

J’ai l’impression que dans ma carrière, jusqu’à très récemment, j’ai toujours fait les choses sans vraiment en profiter, parce que j’étais en train de les faire. Comme lorsqu’on mange parce qu’on a très faim, mais qu’on ne goûte pas vraiment... Donc là, j’essaie de savourer pleinement la chance que j’ai. 

Vous vous êtes donc posé beaucoup de questions?

C’est drôle parce que je lis toujours un texte d’inspiration à mes élèves. Une fois, ça parlait de suivre son svadharma, ce qui signifie suivre sa voie, arrêter de se conformer à ce que la société attend de nous et se demander ce qui, nous, nous fait vraiment grandir, si les décisions qu’on a prises, on les a prises pour nous et pour les bonnes raisons. Donc, oui, je me les suis posées, et je me les pose toujours. On a tellement voulu se séparer de l’Église qu’en voulant chasser la religion, c’est la spiritualité qu’on a chassée. On en
est venu à se résumer à n’être que des êtres de chair et d’os. Je pense qu’on est plus que ça et qu’il faut aussi nourrir cette partie-là, qui passe par nos émotions et plein de choses. 

Vous tenez un discours sage et vous semblez très zen. Quel est votre plus grand défaut?

Je suis impatiente! C’est l’une des choses sur lesquelles je travaille. J’ai tout le temps envie d’être demain, et je passe mon temps à enseigner le moment présent, parce que j’en ai aussi besoin. Je suis patiente avec mon fils, avec mes élèves; c’est dans le travail de la musique que je ne le suis pas. 

Vous aviez dit, il y a quelques années, envisager l’idée de déménager. Est-ce toujours un projet?

Un jour, j’aimerais revenir, et ce serait dans la région de Montréal. Cette ville a beaucoup changé, il y a des travaux partout, mais je m’y sens chez nous. C’est drôle parce que j’ai vécu plus longtemps au Nouveau-Brunswick, où je suis née, ou à Paris qu’à Montréal. Mais comme je suis une maman, ça dépendra aussi de ce que mon enfant voudra faire plus tard. 

Et votre conjoint, que vous avez épousé en 2012, qu’en pense-t-il?

Ah, Grégory me suivra! (rires)

Photo : Courtoisie

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