«Je suis un gars très émotif» −Marc Dupré | 7 Jours
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«Je suis un gars très émotif» −Marc Dupré

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Photo : Melany Bernier / TVA Pu

Les dernières semaines auront été particulièrement chargées pour Marc Dupré. Non seulement il a lancé un nouvel album et commence les enregistrements de la prochaine saison de La Voix, mais il a également fait un gros spectacle à la Place Bell et il est en résidence au Capitole de Québec jusqu’au 3 janvier. Le chanteur a toutefois pris quelques minutes pour nous parler de sa vie trépidante et de ses deux célébrations: ses 25 ans de carrière et ses 20 ans d’amour avec Anne-Marie Angélil. 

Moins de deux ans après son album La vie qu’il nous reste, Marc Dupré a sorti un nouveau disque en novembre, Rien ne se perd, dans lequel il se livre toujours autant. «J’écris des chansons, c’est mon métier, c’est ce que je fais dans la vie. C’est comme une thérapie; ça me fait du bien. J’accumule plein d’affaires, et écrire est ensuite un exutoire. J’avais plein de chansons dans ma tête qui avaient envie de vivre.» 

Comme l’inspiration provient directement de ce qu’il vit et ressent, ce sont inévitablement des textes très intimes que Marc a l’habitude d’écrire. «C’est toujours très personnel, ce que je raconte dans mes chansons. Il n’y a pas que des bons moments dans la vie, et je pense qu’on devient meilleur en affrontant les obstacles. Dans mon dernier album, j’ai eu envie de raconter comment je me sentais à ce moment-là. C’est sorti naturellement, sans trop me poser de questions. J’écris tout le temps dans le moment présent. C’était peut-être aussi une période où j’avais envie de me raconter davantage.»

Il confie d’ailleurs que faire cet exercice est un bon moyen de verbaliser les émotions qu’il garde en lui, et que ça coûte moins cher que d’aller chez le psy. «J’ai besoin de m’exprimer et de faire sortir les choses. Je suis un gars très émotif et j’accumule les affaires. Je suis le genre de gars qui ne va pas toujours régler les choses tout de suite. Je choisis les combats contre moi-même. Parfois, je pourrais exprimer ce que je ressens sur-le-champ, mais j’ai besoin d’accumuler des choses pour bien les exprimer. Comme je suis aussi un peu impulsif, ça peut sortir mal quand ça sort tout de suite. Je préfère prendre du recul, repenser à tout ça, et m’exprimer au bon moment et de la bonne manière.»

Une maturité dans la voix

Sur Rien ne se perd, la voix de Marc Dupré semble avoir changé; elle est plus chaude et enveloppante, avec un grain particulier. «Ma voix change, je ne sais pas trop pourquoi. Elle évolue avec mon corps; c’est différent. La chose la plus importante pour moi est de n’imiter personne, j’essaie d’être le plus naturel possible. J’étais aussi dans une situation différente sur le plan de l’écriture et de l’enregistrement.» En effet, l’enregistrement du disque a eu lieu dans un studio proche du domicile du chanteur, sur la Rive-Nord de Montréal. «J’étais super bien, je n’avais aucun stress. Je pouvais faire l’aller-retour à pied entre le studio et la maison. Quand je suis entouré de ma gang, c’est le moment où je me sens le mieux. C’est peut-être de là que vient le côté plus posé dans ma voix. Il y a aussi le fait que j’ai plus confiance, avec le temps. J’aime ce que je fais, je suis satisfait de mes chansons. Il y a une certaine sérénité qui s’installe.»

Heureux de son cheminement

Au milieu des années 1990, Marc Dupré, alors imitateur, tente sa chance dans le concours de talents télévisé Les étoiles du Capitole. Il réussit son pari et sa carrière est lancée. Même si son talent d’imitateur et d’humoriste est à son apogée, il décide en 2004 de faire évoluer sa carrière en devenant chanteur. Vingt-cinq ans plus tard, Marc Dupré est toujours au top et continue de gagner de nouveaux fans. «J’ai vécu de belles années, mais ce sont des années de travail acharné. J’ai travaillé vraiment beaucoup et je travaille encore beaucoup. Je suis un gars qui ne se satisfait pas facilement. Quand je regarde tout ça, je me dis que j’ai en plus réussi à avoir une famille, malgré le métier que je fais. Je suis super heureux du cheminement que j’ai eu.» 

La vie n’est pas un long fleuve tranquille et le chanteur reconnaît que sa vie et sa carrière ont aussi connu des hauts et des bas. «Ça n’a pas toujours été facile. Il y a eu des bouts très difficiles, mais le tout m’a rendu plus fort. J’ai appris beaucoup et j’aime mon évolution, autant dans la musique qu’en tant qu’être humain. Des choses sont arrivées dans ma vie, qui ont été nécessaires à mon apprentissage. L’émission La Voix m’a, par exemple, amené une autre vision du métier; ça m’a donné des ailes. J’apprends aussi des autres.»

Il reconnaît même que si on lui avait prédit cette carrière, il en aurait été malade. «Je suis content de ne pas m’être trop rendu compte de l’évolution de ma carrière. Ça m’a permis de garder mon anxiété à un niveau raisonnable pour faire ce métier-là. D’ailleurs, aujourd’hui, ce qui me sauve beaucoup, c’est de ne pas penser trop à ce qui s’en vient. Je me suis rendu compte que je faisais beaucoup d’anxiété par rapport aux choses à venir. Quand ça arrive, j’ai confiance, mais il ne faut pas que j’y pense trop à l’avance. Je suis beaucoup mieux dans l’instant présent.» 

Il explique qu’il a aussi eu du mal à apprivoiser son succès et la popularité qui l’accompagnait. «Il faut accepter le succès, mais pendant un grand bout de ma vie, je ne l’appréciais pas. Je me disais que ce n’était pas pour moi, que je ne le méritais pas. Je n’ai pas le sentiment de l’imposteur, je me trouve simplement chanceux d’avoir autant depuis aussi longtemps.»

Un amour fusionnel

Photo : Dominic Gouin, TVA Publications

Ce qui lui permet de se recadrer et d’assimiler toutes les belles choses qui lui arrivent, ce sont avant tout ses trois enfants. «Quand je les vois évoluer, je me dis que j’ai réussi mon rôle de père. Un coup qu’on a réussi notre job de parent et qu’on est heureux dans notre vie de couple, il faut juste profiter de la vie et arrêter de chercher des petits problèmes. Mon but était que mes enfants soient heureux, qu’ils soient éduqués, qu’ils s’amusent, et que je sois encore avec mon amoureuse. Je pense que j’ai réussi.»

Marc Dupré et Anne-Marie Angélil ont commencé à se fréquenter en 1999 et se sont mariés en septembre 2000. Vingt ans plus tard, ils sont toujours en amour. «La communication est la base de tout. Anne-Marie et moi, on a toujours réussi à trouver les bons moments pour se parler et se rappeler pourquoi on s’aimait. Je suis très émotif, ma femme aussi. On pleure autant pour le bonheur que pour des choses tristes. Je pense qu’on est restés les mêmes, on n’a pas beaucoup changé avec les années.»

Ils ont pourtant vécu des moments plus difficiles, comme chacun d’entre nous. «On a été présent l’un pour l’autre dans nos deuils respectifs. J’ai perdu mon père très jeune, et Anne-Marie a été très compréhensive par la suite. Elle savait que ça me faisait du bien d’avoir l’amour de son père. Quand on allait en Floride, je passais parfois plus de temps avec René qu’avec elle. Mais il n’y a jamais eu de jalousie. Même chose pour moi quand René est parti, j’ai tenu le fort. Chez nous, Anne-Marie est la chef, la personne qui rassemble la famille. C’est elle qui assure la continuité, parce que je suis souvent absent. C’est une femme forte, mais quand elle en a eu besoin, j’étais là pour elle.»

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