Garou: «J’ai le luxe de faire les choses que j’ai envie de faire» | 7 Jours
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Garou: «J’ai le luxe de faire les choses que j’ai envie de faire»

Image principale de l'article «J’ai le luxe de faire les choses que j’ai envie»
Photo : Bruno Petrozza, TVA Publications

En nous offrant Soul City, son 10e album, le chanteur Garou effectue en quelque sorte un retour aux sources. Il nous ramène à l’époque où il chantait avec son groupe The Untouchables en Estrie. C’est du pur bonheur que de l’écouter reprendre de grands succès de la compagnie de disques Motown.

Garou, le Motown est vraiment un style de chansons qui te va bien. Vois-tu cela comme un retour aux sources?

C’est drôle parce que, bizarrement, ce ne sont pas les mêmes chansons que je faisais... J’avais mon band et, en même temps, j’avais une formation de jazz, de rock, je faisais beaucoup de choses. Mais c’est vrai que ce band-là a fait de gros ravages à l’époque. Quand j’ai commencé, tous ceux qui m’avaient connu durant cette période me disaient qu’ils pensaient que j’allais faire le même genre de musique, mais je leur disais que je voulais faire de la musique en français.

Encore une fois, avec ce projet d’album, tu arrives là où on ne t’attend pas. Tu es vraiment comme une boîte à surprises! Est-ce voulu?

Non, ce n’est pas calculé. La première affaire que je peux dire est que je ne suis pas vraiment un artiste, je suis un entertainer... J’ai toujours aimé faire plein de choses. J’aime la musique, j’aime animer, faire l’homme d’affaires, je m’amuse! Je fais ce que j’ai envie de faire, je suis très instinctif, mais je ne suis pas un artiste qui a un son, qui ne veut pas déroger de ce son qui l’identifie. Je ne suis pas un torturé qui a besoin de dire des choses et je n’ai pas de plan de carrière. Moi, je suis là pour servir le public qui a envie de triper sur quelque chose. Que ce soit de la grande émotion dans Notre-Dame de Paris ou un gros party comme avec Soul City, je m’amuse et j’ai le luxe de faire les choses que j’ai envie de faire.

Photo : Bruno Petrozza, TVA Publications

Comme celui d’animer des émissions en France! Je crois qu’on n’a pas idée, ici, à quel point tu es populaire là-bas!

On m’a proposé beaucoup de choses en France, et Dieu sait que j’ai dit non souvent! Depuis quatre ans, j’anime La Fête de la musique, qui est le plus gros show musical de l’année en France. J’ai aussi fait Destination Eurovision. À partir de ce moment, on s’est mis à me proposer plein de postes à l’animation de grosses émissions télé. Je leur ai dit que ce n’était pas mon plan de carrière. Je ne veux pas habiter à temps plein à Paris non plus. Toutes ces demandes-là ont certainement contribué à une certaine remise en question... Un jour, j’étais à Paris et j’ai téléphoné à un ami, un entrepreneur québécois qui connaît un peu le monde de la construction et du développement. Je lui ai proposé de lancer une compagnie de bois de grange, et ça a fonctionné! En résumé, je te dirais que c’est un luxe de ne pas avoir à se poser trop de questions. 

Donc, à travers toutes ces propositions qu’on t’a faites, et que tu as acceptées ou non, tu ressentais le besoin de revenir au Québec? 

Ah ça, oui! Plus je me promène dans le monde, plus je sais que c’est dans les Cantons-de-l’Est que je veux être. 

Avec ta blonde, bien sûr...

Ça faisait longtemps qu’elle n’était plus au Québec. Pendant des années, elle a habité à Milan, à Londres, à Paris, à New York, au Japon... Ce n’était pas dans ses plans de revenir ici, mais je l’ai rapatriée!

Ça fait longtemps que vous êtes ensemble?

On frise les 10 ans. (NDRL: Il est en couple avec la mannequin québécoise Stéphanie Fournier.)

Il est clair que le succès de Notre-Dame de Paris, de la chanson Belle, entre autres, t’a permis d’avoir une liberté financière qui te donne le loisir de choisir tes projets...

Exactement. Quand on faisait Notre-Dame, j’ai attendu trois ans avant de faire mon nouvel album, et j’ai attendu René Angélil avant de signer avec quelqu’un. Trois ans. Tout le monde me disait que c’était épouvantable, que j’étais en train de manquer cet élan, que je vendrais beaucoup d’albums, mais je ne le sentais pas. Je n’ai jamais été dans le pécuniaire ni pensé à avoir plein d’argent.

L’album Soul City a-t-il été une belle aventure?

Oui, vraiment. Quand j’ai rencontré Alex Finkin, le réalisateur de l’album, je lui ai dit que je voulais le faire chez nous, dans ma grange, avec mes musiciens. Quand il est arrivé de Paris, on a commencé à écouter des références, à jouer de la musique. Ce n’est donc pas un album que j’ai juste chanté, j’ai travaillé sur les arrangements avec lui, je voulais qu’on rebrasse les cartes Motown.

Photo : Bruno Petrozza, TVA Publications

À l’écoute de cet album, j’ai tout de suite pensé qu’une suite s’imposait...

Ce serait facile, mais je préférerais ne pas aller là, même si j’aimerais ça en maudit! Pour cet album, on a choisi des chansons que j’avais envie de faire. 

Comptes-tu partir en tournée pour présenter ces chansons au public?

Je n’ai pas de dates de tournée à annoncer, mais je commence à penser qu’en plus des chansons de cet album, il va falloir que je fasse aussi mes chansons. Je vais essayer de les «motowniser». J’aimerais avoir le son Motown sur mes pièces, mais dès qu’on commence à chanter en français, ce n’est pas la même chose. 

Soul City paraît-il aussi en France?

Oui, il a été commandé de là-bas. Cet album aurait pu être multiartiste, car, au début, chez Universal, on voulait célébrer les 60 ans de la musique Motown. Mais ils se sont vite rendu compte qu’untel n’allait peut-être pas chanter du Motown, que ce n’était pas si évident que ça. Finalement, après avoir voulu faire une liste d’artistes, c’est mon nom qui est ressorti, et on m’a demandé si je voulais le faire. C’est pour ça que j’ai décidé de demander à une Québécoise, Marie-Mai, d’y participer en chantant en duo avec moi (Ain’t No Mountain High Enough), et aussi à Aloe Blacc (l’interprète du succès Wake Me Up, du DJ Avicii).

Vas-tu faire la promotion de ton album ici et en France?

Oui, à travers les enregistrements de La Voix, je vais aller trois semaines là-bas. Puis, en février, je vais aller dans les pays de l’Est faire des spectacles qui étaient prévus avant même qu’on commence à parler de faire un album.

Et les spectacles au Québec?

Les dates ne sont pas encore retenues, mais on commence à vouloir les programmer.

Tu en es à ta deuxième expérience à titre de juge à La Voix. Tu t’amuses?

Oui! Les auditions à l’aveugle, c’est cool comme étape. On est assis sur nos chaises, à attendre, puis dès que les premières notes de musique se font entendre, on se demande ce qu’il va se passer, quel genre de voix ça va être. C’est vraiment le fun à faire. 

Le fait d’avoir déjà été juge à La Voix te donne un avantage, selon toi?

Oui et non. Lors des auditions à l’aveugle, je ne réfléchis pas. C’est ce que je disais à Béatrice (Martin): «Réfléchis pas, vas-y sur un coup de cœur, c’est tellement plus l’fun!» Après, tu te mets à réfléchir...

Avec tous ces projets, tu dois avoir un agenda bien rempli...

Oui, tu vois, je ne devais pas faire la dernière tournée des Forever Gentlemen, avec Roch Voisine et Corneille, je ne devais pas faire Le Capitole. Tout s’est organisé pas mal à la dernière minute. J’ai de super projets que je veux faire, mais finalement, je me rembarque dans le tourbillon, alors je ne suis pas capable de les faire. Mais j’ai du fun, ça n’a pas de bon sens! 

Photo : Bruno Petrozza, TVA Publications

  • L’album Soul City est offert en magasin et en téléchargement.
  • La Voix, de retour le dimanche 9 février à 19 h, à TVA.

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