«Papa va faire partie de ma nouvelle aventure» -Lynda Lemay | 7 Jours
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«Papa va faire partie de ma nouvelle aventure» -Lynda Lemay

Lynda Lemay était présente au spectacle inaugural du Capitole de Québec, au début de décembre.
Photo : Production ©

Lynda Lemay était présente au spectacle inaugural du Capitole de Québec, au début de décembre.

Lynda Lemay a décidé, en juin 2017, de prendre un rare temps d’arrêt dans sa carrière, au moment où son père adoré, Alphonse, est décédé. Il avait 88 ans. à la Suite de cette perte douloureuse, la chanteuse a pris soin d’elle et des siens, tout en remettant ses priorités à la bonne place. Depuis quelques mois, elle travaille dans le plus grand secret sur un nouveau projet, qui devrait voir le jour au début de 2020.

Habituée à être constamment sur la route, d’un bord ou de l’autre de l’Atlantique ou entre deux vols, Lynda Lemay n’avait jamais réellement pris le temps de se poser et de se reposer du tourbillon dans lequel elle vivait depuis plusieurs décennies. Au printemps 2017, elle a toutefois décidé d’annuler tous ses engagements pour rester auprès de son père, gravement malade, et de sa famille. Malgré le temps qui a passé, elle parle encore de cette période avec émotion. «J’ai perdu mon papa il y a deux ans et demi, nous confiait-elle récemment. Ça a mis fin abruptement à la dernière tournée que je faisais. Il restait quelques dates à mon agenda, et j’ai dû les annuler pour rester au chevet de mon père, qui a eu une maladie fulgurante.»

Lynda et son père entretenaient une relation fusionnelle. Un de ses plus grands succès reste d’ailleurs la chanson Le plus fort, c’est mon père, qu’elle avait écrite en son honneur. «Le deuil ne s’est pas fait facilement. Ce n’est jamais facile, mais je dirais qu’il se fait naturellement. On était toutes là, les filles de la famille. On est restées auprès de lui; on a toutes été présentes les dernières semaines, et on l’a entouré d’amour. Lorsqu’il est parti, on était aussi là pour l’accompagner; c’était comme un accouchement à l’envers. C’était quelque chose de très naturel qui devait arriver. C’était beau parce qu’il n’y avait aucun
non-dit; c’était paisible. Ça a été un beau moment dans tout ce que ça a de souffrant.»

Étrangement, la chanteuse garde un souvenir intact des banalités qui se sont passées immédiatement après le décès de son père. «C’est insultant, la mort. Je me rappellerai toujours le moment où papa est parti. Après ça, on ramasse les verres et on vide la place: c’est terminé. C’est dur à vivre.»

En compagnie de son père, Alphonse, en 1996.

Photo : Archives

En compagnie de son père, Alphonse, en 1996.

Une intimité inspirante

Même s’il est décédé d’une maladie fulgurante, Lynda Lemay a pu passer des moments très intimes et complices avec son père. «Juste avant son départ, on avait commencé à écrire des chansons ensemble, mon père et moi. Elles sont à la base de mon prochain projet. Tout cela est né de ces derniers moments avec lui. Ensuite, j’ai pris le temps de digérer tout ce qui venait de se passer. J’avais aussi des choses à régler dans ma famille et dans ma vie privée. Quand on n’arrête jamais, avec les absences répétées... Ça m’a donc permis de faire une mise à jour. J’en avais besoin, et tout le monde autour de moi en avait besoin aussi. On repart de façon solide et très inspirée. Et je suis heureuse, car papa va faire partie de ma nouvelle aventure, puisqu’il est à l’origine de tout ça.»

Créer en toute liberté

Lynda Lemay travaille depuis plusieurs mois sur son nouveau projet. «J’habite quasiment au studio. L’annonce du projet sera faite officiellement d’ici quelques semaines. Pour l’instant, je peux juste dire que ça va être plus qu’un album. Il y a beaucoup de chansons, et un spectacle accompagnera le tout. C’est encore en création, et je me surprends moi-même avec toutes les idées qui me viennent. Je me sens totalement libre dans ce projet, et je veux garder cette liberté le plus longtemps possible afin de pouvoir encore décider de faire des changements; c’est pour cela que je ne veux rien dévoiler.» 

Avec sa générosité habituelle, Lynda Lemay nous a toutefois confié que le titre de l’album était Il était onze fois, et celui du spectacle, La vie est un conte de fous. «Pour ce projet, il y a beaucoup de changements dans ma façon d’aborder la musique. Plusieurs chansons ont été composées au piano. Je joue du piano, alors que je n’en jouais pas avant. L’année passée, j’ai découvert, en mettant mes mains sur un piano, que j’avais comme appris à jouer sans forcément avoir réellement appris.»

À force de jouer de la guitare et de faire de la musique, la pratique du piano semble lui être venue instinctivement. «Une nuit, je me suis mise au piano et j’ai commencé à pianoter; c’était comme une révélation pour moi. Quand on apprend à jouer d’un nouvel instrument, ça ouvre les horizons. Ça faisait 30 ans que je jouais seulement de la guitare. En y ajoutant cette nouvelle passion pour le piano, ça donne une autre couleur à la musique que je crée.
Je ne suis pas devenue pianiste du jour au lendemain, mais c’est vraiment le fun. Je me fais plaisir.»

Pour l’écriture des textes, Lynda Lemay n’a, par contre, pas changé sa façon de fonctionner. «Je ne force rien et je ne calcule jamais rien. Je peux dire que je suis retombée dans le bonheur de la création encore plus que dans les 10 dernières années. Je n’étais pas perdue, mais à ne jamais prendre de pause dans une carrière, on oublie un peu ce qui nous rend si heureux dans ce métier.»

Lynda Lemay vient d’annoncer plusieurs dates de rodage, au Québec et en France, de son nouveau spectacle. 

30 ans de carrière

En 1990, Lynda Lemay sort son premier album.

Photo : Archives

En 1990, Lynda Lemay sort son premier album.

À l’été 1989, Lynda Lemay reçoit le prix Auteur-compositeur-interprète du Festival international de la chanson de Granby pour sa chanson La veilleuse. Sa carrière est lancée, et son premier album paraîtra l’année suivante. Depuis 30 ans, elle promène ses chansons à travers le Québec, mais aussi en Europe. «Toutes ces années ont été une succession de belles surprises. Dans ma carrière, il n’y a jamais eu de stratégie ou de marketing pour vendre quoi que ce soit. J’ai toujours été libre de faire ce que j’avais envie de faire pour rester authentique et ne pas me dénaturer. Chaque fois qu’il y avait quelque chose de beau qui m’arrivait, je me ramenais toujours au début, à mes origines. Je revoyais la petite Lynda qui travaillait à Place Québec, en dessous du Hilton.» Discrète et humble, Lynda n’a pas réellement célébré cet anniversaire. «On l’a juste souligné à la maison. Mais ces 30 ans de carrière, c’est surtout plein de cadeaux de la vie, des rencontres extraordinaires, des publics un peu partout qui devenaient amoureux de mes chansons et qui sont demeurés fidèles. Quand on fait les choses avec passion, on ne peut pas se tromper.»

En 1998, Lynda Lemay reçoit le Félix de l’interprète féminine de l’année au Gala de l’ADISQ.

Photo : Archives

En 1998, Lynda Lemay reçoit le Félix de l’interprète féminine de l’année au Gala de l’ADISQ.

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