«À 65 ans, je veux faire ce que j’aime», -JiCi Lauzon | 7 Jours
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«À 65 ans, je veux faire ce que j’aime», -JiCi Lauzon

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Photo : Dominic Gouin, TVA Publications

Jici Lauzon surgit souvent là où on ne l’attend pas! D’enseignant à musicien en passant par chanteur, humoriste et bien sûr comédien, le voilà maintenant au cinéma dans Les barbares de La Malbaie. Entretien avec un homme qui a l’environnement de même que l’avenir de ses trois jeunes enfants à cœur.

JiCi, on ne vous voit plus aussi souvent qu’avant, mais ça ne signifie pas pour autant que vous êtes inactif!

Non, et ce n’est pas parce que j’ai eu 65 ans l’été dernier que j’ai envie de prendre ma retraite. C’est l’fun de faire plusieurs choses, surtout celles qu’on aime. Moi, je chante, je fais de la musique, entre autres.

Et récemment, vous avez renoué avec votre métier d’acteur...

Oui, ça faisait longtemps que je n’avais pas eu de rôle (il jouait Pierre Lacaille dans Virginie, diffusée de 1997 à 2010). C’est une chance qu’on ait pensé à moi pour le film Les barbares de La Malbaie. J’interprète un animateur de radio communautaire. C’est un caméo, j’ai quelques répliques. Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques est très bon, le jeune Justin Leyrolles-Bouchard aussi. On me verra également dans le court métrage Rêver ma vie, de Guillaume Venne, un réalisateur de Sorel. J’y tiens un rôle un peu plus important.

Aimeriez-vous jouer plus souvent?

Oui, mais je ne suis envieux de rien, parce que j’ai été gâté. J’ai fait 25 ans de télé, dont Virginie, où j’ai joué le rôle de ma vie. C’est drôle, parce qu’après avoir incarné un professeur durant presque 15 ans dans cette quotidienne, j’enseigne dans un centre de formation professionnelle. C’est un autre monde et ça me plaît. Je suis un fouineux de nature, j’aime aller voir ailleurs, faire autre chose.

Et qu’enseignez-vous?

L’anglais, langue seconde, à des adultes. J’ai aussi fait des suppléances dans des écoles. La cause des profs me touche depuis longtemps, parce qu’en jouant un enseignant dans un téléroman, j’ai été porte-parole pour la persévérance scolaire, l’éducation aux adultes. J’ai entendu ce discours-là et je l’ai tenu moi-même en encourageant les gens à étudier. Je suis d’ailleurs retourné à l’université à 40 ans. J’ai suivi une formation en anglais langue seconde en ligne, je voulais enseigner.

Par ailleurs, vous impliquez-vous toujours pour la cause environnementale?

Oui, j’ai continué après avoir été candidat pour le Parti Vert (en 2015). J’ai écrit une chanson sur le pipeline, Faites-moi une pipeline, et une qui porte sur la disparition des grenouilles, Elle chante quand y mouille. Elle invite à la réflexion, car la grenouille est une indicatrice de la santé de l’eau dans laquelle elle vit. Ça me rejoint parce que je suis porte-parole de la Maison du marais de Sorel-Tracy.

Diriez-vous que c’est vraiment la chanson qui vous passionne?

Oui. À 65 ans, c’est mon côté poète qui ressort, mais, au fond, ça fait longtemps que je touche à la musique, car j’ai débuté comme chansonnier dans le Vieux-Montréal. J’ai toujours aimé ça et même si j’ai bifurqué vers l’humour dans le temps des Lundis des Ha! Ha!, ça restait un à-côté. Mes chansons sont classées country. Je joue avec les mots, je m’amuse. Je prépare d’ailleurs un album.

Vous revenez sur l’humour. Vous avez participé à l’émission 100 limite, et vous donniez aussi des spectacles. À quand remonte le dernier?

Je l’ai présenté à Sorel-Tracy tout l’été, il y a deux ans. C’était à la fois de l’humour et de la musique, beaucoup de parodies.

Entendez-vous faire d’autres spectacles?

Je dirais que c’est l’auteur-compositeur-interprète qui prend le dessus. Je suis à écrire une pièce sur l’amour des arbres. Avec mes chansons, le but n’est pas nécessairement de faire rire, mais de parler de l’amour de la nature. Au lieu de gueuler tout le temps contre ceux qui salissent l’environnement, je préfère parler, en harmonie avec la musique, de ce que je trouve beau dans la nature et qui risque de disparaître. Mais, pour revenir à ta question, je ferai sans doute un autre spectacle avec mes chansons. Je me produis aussi parfois dans des résidences. Je joue de l’harmonica, de l’accordéon, du ukulele.

Que retirez-vous de cette expérience?

J’aime chanter pour les personnes âgées. La musique a un bel effet sur elles, et il faut dire que ça me touche parce que ma mère a 88 ans et elle perd un peu la mémoire. J’ai vu du monde danser en fauteuil roulant et pleurer aussi, car les vieilles chansons leur rappellent des souvenirs. 

En plus de tout ce qui vous occupe, vous avez décidé d’ajouter une corde à votre arc. Parlez-nous-en...

Oui, j’ai suivi une formation de capitaine de bateau. Je veux devenir guide touristique pour parler des îles de Sorel, où l’on trouve 1300 nids de hérons. C’est un joyau de l’UNESCO, un lieu unique au monde. Ce sera ma job d’été l’an prochain, je vais piloter et animer des randonnées nature à compter du 24 juin. J’en suis bien heureux. J’ai touché à tout dans ma carrière et, à mon âge, je ne veux plus trop faire de compromis. Je m’applique à faire des choses que j’aime. 

Mis à part vos activités professionnelles, vous êtes père de trois enfants. Comment ça se passe avec eux?

Mon plus vieux a 12 ans, et mes filles ont 8 et 10 ans. Ils sont avec moi toutes les deux semaines. Je suis un père amoureux et affectueux, et un drôle de père! Je les instruis du mieux que je peux de tout ce que je sais de la vie et on a du fun. On va à la piscine, on va patiner et on fait du camping l’été. Mes enfants, c’est ce que j’ai fait de mieux.

  • Il joue dans Les barbares de La Malbaie, présentement à l’affiche.
  • Pour écouter les chansons de JiCi, allez à jicilauzon.bandcamp.com.  
  • On peut le suivre sur sa page Facebook.
  • Et pour en savoir plus sur les randonnées nature qu’il fera à l’été 2020, rendez-vous à biophare.com. 

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