«Les rôles se sont inversés» -Guylaine Tanguay | 7 Jours
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«Les rôles se sont inversés» -Guylaine Tanguay

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Photo : Sébastien St-Jean, TVA Publications

Fortes du respect mutuel qu’elles ont l’une pour l’autre, Guylaine Tanguay et sa mère, Claircy Dufour, ont vu leur relation évoluer à travers les moments difficiles. La vedette du country a souvent rendu hommage à cette femme dont le courage lui a servi de modèle.

Quel genre de relation entretenez-vous toutes les deux?

Guylaine: Je dirais qu’on a une belle relation. Les rôles ont été inversés à une certaine époque, mais ils sont redevenus ce qu’ils devaient être. Quand j’étais jeune, je me prenais pour la mère et elle était la fille. (rires)

Et pourquoi y a-t-il eu un retour des choses?

Claircy: Parce qu’aujourd’hui, je suis heureuse, je suis remariée. J’étais malheureuse quand j’étais plus jeune et que j’avais mes trois enfants. C’est vrai que Guylaine a longtemps joué le rôle de mère.

G.: C’était une époque et un milieu différents. Mon père, tout le monde le sait maintenant, avait des problèmes d’alcoolisme et de jeu. À un moment donné, ma mère en a eu assez, elle a lâché le morceau. Ce n’était plus une vie, elle survivait à travers tout ça.

Photo : Sébastien St-Jean, TVA Publications

Et vous, comment gériez-vous ça?

G.: Moi, j’avais du caractère et j’ai pris le lead, je me suis dit que j’allais mener ça. Ce n’était pas prévu, je ne savais pas combien de temps ça allait durer, et puis ça s’est apaisé et nous avons repris nos rôles initiaux. Sauf que j’ai toujours le réflexe de vouloir être responsable de tout le monde. J’étais comme ça quand j’étais petite et je le suis encore.

En vieillissant, trouvez-vous que la différence d’âge entre une mère et sa fille est de moins en moins importante?

C.: C’est vrai, il n’y en a plus. Mes enfants sont des adultes avancés, et on est plus comme des amis. Ça a aussi été le cas avec mes garçons.

Quand Guylaine vous a dit qu’elle allait écrire un livre (paru en octobre 2018) pour raconter son histoire et aussi en quelque sorte la vôtre, quelle a été votre réaction?

C.: J’étais bien contente, parce que les gens ont souvent dit que j’étais chanceuse, que j’avais une fille qui avait du succès. Comme si nous n’avions jamais eu de problèmes dans notre vie, surtout Guylaine. Je leur disais que ma fille avait réussi, mais qu’elle avait travaillé fort pour être rendue là. Quand elle m’a dit qu’elle écrivait ce livre, j’ai pensé que les gens allaient comprendre d’où elle était partie pour être rendue là et être aussi forte aujourd’hui.

Aviez-vous peur que ce soit trop intense comme révélations?

C.: Non, je connais Guylaine, je savais qu’elle n’allait pas être méchante, et que ce qu’elle allait écrire serait posé et surtout vrai. Quand j’ai lu le livre, j’ai pleuré ma vie. Jocelyn (son mari) aussi. Nous avions chacun notre exemplaire, et nous l’avons lu du début à la fin, d’un trait. J’ai même trouvé que, par moments, Guylaine a été trop douce.

G.: Le livre n’était pas fait dans le but d’insister sur des faits et de les décrire dans les moindres détails. C’était juste de dire aux gens qu’on part de loin et qu’on peut arriver à quelque chose de beau. On n’est pas obligé d’oublier ce qui s’est passé, mais on peut passer à autre chose. Tout ce qu’on a vécu dans notre maison quand on était petits, mes frères, ma mère et moi, on l’a fait ensemble, et le but du livre était d’expliquer ce qui s’était passé, et de rendre ça utile à d’autres personnes. Ce que nous avons vécu dans notre maison, ce n’est pas unique. 

Vous avez dû recevoir des témoignages à la suite de la sortie du livre, n’est-ce pas?

G.: Oui, plusieurs, et j’en ai encore. Il n’est pas rare, à la fin des spectacles, que des gens me demandent de signer leur exemplaire. Ils ont tous, en général, une petite histoire à me raconter qui a un lien avec mon livre. Que ce soit ma famille, la fibromyalgie ou l’alcoolisme, n’importe quoi. Et je trouve ça hot, parce que ça devient un peu une sorte de journal intime qui se répand. 

Photo : Sébastien St-Jean, TVA Publications

Vous entretenez une relation à distance, car votre mère habite toujours à Dolbeau. Arrivez-vous à vous voir autant que vous le désirez?

G.: Ma mère vient plus souvent chez nous, ils font des aller-retour, car moi, je n’ai plus le temps d’y retourner comme avant. Je ne suis pas une appeleuse, je déteste parler au téléphone. Ma mère le sait, elle a toujours respecté ça, alors on s’écrit sur Messenger. Elle nous tient au courant de ce qu’elle fait, on se donne des nouvelles. Mes frères sont comme moi. 

Comment décririez-vous la relation qu’il y a entre vos filles et vous?

G.: On a pas mal la même relation que celle que j’ai avec ma mère. Elles sont adultes, et on est beaucoup dans la vraie affaire. Je leur donne des conseils, je leur dis ce que je ferais lorsqu’elles me posent des questions, mais je ne m’impose pas. Je leur dis ce que je pense et après ça, elles font ce qu’elles veulent. Et si ça ne réussit pas,
ce n’est pas grave, elles recommenceront. On est plus dans une relation d’aide et de soutien.

Quand vous regardez aller Guylaine, autant la femme que la chanteuse, quels sont les sentiments qui vous habitent?

C.: Oh, je suis tellement fière de Guylaine! Tout ce qu’elle dit est sensé, tout ce qu’elle fait est correct. 

Elle doit bien avoir un défaut?

C.: Elle est un petit peu tannante sur la balayeuse!

G.: Trop! Ça devient un défaut, mais avec les années, je le suis beaucoup moins. Dans ma vie personnelle, j’aime que les choses soient très organisées. Avoir une maison qui est propre, qui est invitante, j’aime ça. En même temps, dans ma vie, qui est très turbulente, c’est important que ce soit calme lorsque j’arrive chez nous. Je n’aurai jamais une maison qui est virée à l’envers, parce que ça me trouble psychologiquement. Je pense que si on veut se reposer dans la vie, il faut que ce soit calme autour de nous.

Et vous, Guylaine, qu’admirez-vous le plus chez votre mère?

G.: Je la trouve courageuse. Elle n’a pas eu une vie de princesse, elle a eu énormément de responsabilités quand elle était jeune, dans une famille de 13 enfants. Quand elle est devenue mère, elle et mon père n’avaient pas d’argent, et elle a eu les difficultés que l’on connaît avec mon père. Oui, à un moment, elle a plié les genoux, elle a un peu baissé les bras, mais c’était pour se protéger parce qu’elle n’avait plus de force. Sinon, ma mère n’était pas tout le temps à terre en train de pleurer. Elle ne s’est jamais laissée abattre par les difficultés. Comme ma grand-mère maternelle qui, elle, était forte comme nous deux ensemble, ma mère et moi. Dans la vie, j’ai eu la chance d’avoir des exemples de femmes courageuses.

Du courage, ça en prend aussi pour vivre avec la fibromyalgie?

C.: Quand j’ai lu son livre et qu’il était question de la fibromyalgie, je me suis dit: «wow!» Je savais qu’elle était malade, qu’elle souffrait de cette maladie, comme moi, mais elle est plus affectée que je ne le suis. J’ai pleuré et j’ai réalisé qu’elle était plus malade que je ne le pensais.

G.: Je ne suis pas une plaignarde, ça ne donne rien. Je me dis qu’elle va s’inquiéter, elle ne peut rien faire.

Diriez-vous que votre relation en est plus une du genre mère-fille, ou êtes-vous devenues des amies avec le temps?

G.: Non, la relation mère-fille demeure importante pour moi. Avec une amie, il peut arriver qu’on perde une certaine relation de respect, mais jamais je ne manquerai de respect à ma mère. Elle va toujours rester ma mère, et mes filles ont aussi beaucoup de respect pour elle.

Guylaine a de nombreux spectacles à son agenda d’ici la fin de l’année. Consultez son site pour connaître toutes ses dates de spectacles et actualités: guylainetanguay.ca. 

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