Shirley Théroux: Bonheur contagieux | 7 Jours
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Shirley Théroux: Bonheur contagieux

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Photo : Julien Faugere, Les Publications Charron et Cie inc.

Shirley Théroux est toujours animée par cette énergie joyeuse qui la caractérise si bien. En plus d’avoir le rire facile, l’artiste continue de propager cette joie en chantant pour le public. À 70 ans, elle se dit «bénie des dieux» que sa voix soit plus belle que jamais pour lui permettre de présenter des spectacles!

Shirley, tu es toujours aussi passionnée par ton métier. Que ressens-tu quand tu penses à tes cinq décennies dans le milieu artistique?

Je l’aime, mon métier, et je suis chanceuse parce qu’il m’aime aussi. En 56 ans de carrière, j’ai développé plus qu’une amitié avec le public. Je m’en rends compte sur Facebook: j’ai trois pages et j’y suis très active. J’y consacre une heure le matin et une heure le soir pour écrire aux gens. Ça me permet d’avoir un contact quotidien avec le public. Les gens sont tellement fins: c’est de l’amour pur. Les réseaux sociaux, je trouve que c’est un bel outil pour un artiste, c’est une communication directe.

Tu es là depuis si longtemps... Il n’y a qu’une Shirley au Québec! À l’évocation de ton prénom, tout le monde sait tout de suite de qui on parle...

Tu sais que c’est un cadeau de mon frère? On est quatre filles et un gars, chez nous. Maman a demandé à mon frère comment on allait m’appeler, et comme il allait à la salle paroissiale, où l’on présentait les films de Shirley Temple, il lui est venu à l’idée de m’appeler Shirley.

Le spectacle des Tannants que tu as présenté ces dernières années avec Pierre Marcotte et Joël Denis, c’était un grand retour pour toi?

Oui et non, parce que je venais d’amorcer les représentations de mon spectacle solo Chanter pour parler. Quand on m’a téléphoné pour le projet des Tannants, j’ai arrêté le spectacle pour y participer, je trouvais que l’idée était bonne. Je ne suis pas une fille de scène; j’ai fait ma carrière à la télé, alors c’était une belle occasion à saisir. Ça a duré deux ans en tout.

Pierrot, le straight man, Shirley, la chanteuse, et Jojo, l’enfant terrible ont fait le bonheur du public avec Les Tannants de 1972 à 1976.

Photo : TVA

Pierrot, le straight man, Shirley, la chanteuse, et Jojo, l’enfant terrible ont fait le bonheur du public avec Les Tannants de 1972 à 1976.

Ça t’a fait quoi de retrouver le public dans un cadre différent?

Lise Dion, qui est une amie, a été ma conseillère artistique. Je lui ai dit que je ne pouvais pas croire que j’avais eu cette carrière-là sans faire de scène. Elle m’a beaucoup aidée et elle m’a dit: «Si tu aimes ça, tu vas voir que tu vas attraper la piqûre!» J’ai adoré ça! Ça m’a surtout rappelé de beaux souvenirs, parce que c’était comme lorsque nous étions en direct à la télé avec Les Tannants: le public était devant nous. C’était comme si on avait toujours fait ça ensemble. Pierre n’avait jamais fait de scène non plus. 

Joël Denis, Shirley Théroux et Pierre Marcotte ont été ravis de se réunir pour présenter leur folie dans une version spectacle, en 2016. Le trio s’est produit sur scène durant deux ans!

Photo : Daniel Auclair, TVA Publications

Joël Denis, Shirley Théroux et Pierre Marcotte ont été ravis de se réunir pour présenter leur folie dans une version spectacle, en 2016. Le trio s’est produit sur scène durant deux ans!

Par la suite, as-tu repris ton spectacle solo, Chanter pour parler?

Oui, j’ai recommencé. J’ai déjà donné quelques spectacles et, pour la première fois de ma vie, j’ai un agent qui s’occupe de moi. Je me sens comme une débutante, je découvre tout un monde.

Ce spectacle est-il influencé par ce que tu as fait sur scène avec Pierre et Joël?

Avant Les Tannants, je chantais des chansons, je parlais un peu, mais maintenant, oublie ça! L’expérience des Tannants m’a amenée ailleurs... J’ai découvert à quel point je suis une humoriste, une comique! Et je ne le savais pas! Les gens qui viennent me voir ont des frissons. Il y en a qui pleurent, et ils rient beaucoup. Je leur raconte des anecdotes, et je ris de moi aussi. J’ai du plaisir. J’improvise, et j’ai réalisé que ça marche. L’été dernier, à Drummond­ville, il y avait 850 personnes dans l’assistance, et, à mon entrée sur scène, j’ai eu droit à une ovation! 

Ça fait chaud au cœur.

Tu sais, je ne me prends pas au sérieux, mais j’estime que je suis une artiste complète; je ne suis pas une vedette ni une star: je suis une artiste qui communique et qui chante. Et franchement, ma voix est plus belle qu’avant. Je n’en reviens pas. Elle est plus chaude, plus ronde. J’interprète mes succès, dont bien sûr C’est beau un homme, mon hymne national! 

Tu sembles en grande forme. Dirais-tu qu’avoir 70 ans aujourd’hui est différent de ce que c’était il y a 15 ou 20 ans?

C’est sûr! À 40 ans, on commençait à être vieux! J’ai 70 ans et je change mon âge seulement aux dizaines! La prochaine fois, ce sera quand j’en aurai 80. Moi, les petits chiffres, un, deux, trois, je n’aime pas ça! (rires) J’ai toujours été active. Je ne serai jamais vieille et je n’arrêterai jamais. Je ne me mettrai jamais en retrait de la vie. Je marche durant au moins une vingtaine de minutes, cinq jours par semaine, je me nourris très bien, je me couche de bonne heure, je ne fume plus, je ne prends pas un coup et j’ai du fun quand même!

Et ta vie amoureuse?

Je n’ai personne dans ma vie; je n’ai pas le temps. Les hommes de mon âge sont intéressés par des femmes plus jeunes, et ça, c’est la vérité. Je ne ferme jamais de porte, et si ça doit arriver, ça arrivera. Je fais confiance à la vie. Je suis une bonne nature, j’ai le bonheur facile. Enfant, j’étais très timide et solitaire, et j’ai encore ce côté solitaire. Quand je débarque du show-business, je suis bien, chez moi, dans mes choses.

Photo : Julien Faugere, Les Publications Charron et Cie inc.

Comment va ton fils, Bruno-Pierre?

Il va très bien. Il a 37 ans et est papa de deux enfants! Je vois ses enfants souvent, mais je ne suis pas une mamie gardienne: je suis une mamie gâteau qui fait le clown. C’est différent avec mes petits-enfants. Je ne faisais pas tellement rire mon gars quand j’étais maman parce que je travaillais comme une folle! Je faisais Les Tannants, j’avais le restaurant La Boucherie, que j’ai eu durant 28 ans. J’ai été 10 ans avec Pierre, et 18 ans à m’occuper seule de mon gars. Je suis à écrire une biographie, et toute l’histoire du restaurant va s’y retrouver. Ça prendrait quatre tomes, mais on va en faire un. Ce n’est pas pour rien que Pierre et moi, nous nous sommes séparés. 

Que veux-tu dire?

Nous n’avons jamais été capables de nous retrouver en tant que couple. Nous nous voyions au travail, ce qui nous procurait du bonheur, mais rendus à la maison, nous étions épuisés. Je regarde les couples d’artistes qui travaillent ensemble et je trouve ça très risqué. On peut faire un bout, mais à un moment donné, on ne se retrouve plus comme couple.

Outre ton activité de chanteuse, peins-tu toujours?

Oui, je peins depuis 10 ans. Quand mon fils a quitté la maison, j’ai transformé sa chambre en atelier. Cet été, j’ai pris part au Circuit des Arts de Saint-Bruno: j’avais 27 toiles. Et à la fin d’avril, je vais participer à une exposition au Centre d’art Diane-Dufresne. Je fais de l’abstrait et un peu de figuratif, et ça va bien. Je m’amuse, mais par-dessus tout, j’ai hâte de revenir sur scène pour présenter des spectacles. 

  • Shirley Théroux est porte-parole de la Fondation Institut de gériatrie de Montréal (figm.ca ). Le 5 avril, elle sera sur scène au Vieux Clocher de Magog. Pour connaître les autres dates de ses spectacles et sa plus récente actualité, suivez-la sur Facebook!

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