«La vie de tournée, c’est tout sauf glamour!», -Laurent Paquin | 7 Jours
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«La vie de tournée, c’est tout sauf glamour!», -Laurent Paquin

Dans les coulisses du spectacle Déplaire.
Photo : Daniel Daignault, TVA Publications

Dans les coulisses du spectacle Déplaire.

Laurent Paquin nous a récemment reçus dans les coulisses de son spectacle Déplaire, présenté à Brossard. Le glamour, les paillettes, une équipe survoltée, du champagne, des cris de joie... ce n’est pas vraiment le lot de l’humoriste avant de monter sur scène, peu importe l’endroit où il se trouve!

Laurent, comment décrirais-tu la vie de tournée?

La vie de tournée, c’est tout sauf glamour! Pour avoir fait la tournée Demain matin, Montréal m’attend avec du monde, j’ai vu que ce n’était pas la même chose que la tournée en solitaire, surtout si c’est une gang avec qui je m’entends bien. Nous, après le show, c’était toujours: «On va-tu manger quelque part? On va-tu prendre un verre? Je vais à tel endroit, venez-vous?» Il y avait ce côté-là... En humour, c’est un peu plus conventionnel. Je pensais que c’était dû à mon âge, mais je vois des humoristes qui sont encore plus pépères que moi parce qu’ils sont en studio le lendemain matin, qu’ils ont un tournage... Tout le monde est assez straight, finalement. La vie rock’n’roll de tournée, on est tout sauf ça — je parle pour moi et pour les gens que je connais. Ce n’est pas toujours ainsi, mais j’ai le sentiment qu’en humour, les coulisses doivent être assez plates à couvrir pour toi!

Ça se passe comment, d’un soir à l’autre? As-tu un rituel?

J’avais des rituels au début, quand j’ai commencé à faire de l’humour. Je me rasais dans la salle pour me mettre dans une ambiance, un état d’esprit, comme si je faisais ma face de show. À un moment, j’ai commencé à moins me raser, alors je n’ai plus ce rituel-là. J’ai maintenant des habitudes: je défroisse ma veste, mon t-shirt ou ma chemise avec mon petit steamer portatif; ça dépend de ce que je porte. Mes gars s’assurent que ma gourde d’eau sur scène est pleine, que j’ai une serviette, et on fait un petit test de son, mais ce ne sont que des habitudes. On a seulement notre poignée de main rituelle, entre chums, avec beaucoup trop de gestes pour rien. On fait ça depuis trois ou quatre tournées, et on ajoute un élément à chaque tournée, on se rajoute des niaiseries. Il est très rarement arrivé qu’on ne le fasse pas avant un spectacle.

Défroisser sa veste fait partie de la routine de Laurent avant de monter sur scène.

Photo : Daniel Daignault, TVA Publications

Défroisser sa veste fait partie de la routine de Laurent avant de monter sur scène.

Quel bilan fais-tu de celui-ci?

Ça a passé vite (il a présenté ce spectacle à plus de 170 reprises depuis janvier 2017), mais j’en fais un bilan très positif. J’ai le sentiment d’avoir trouvé ce que je voulais faire avec ce show-là et de l’avoir fait, et je crois que le prochain devrait suivre cette direction. J’ai l’impression d’avoir fait un virage, le rythme est plus accéléré, plus soutenu. Je voulais être essoufflé à la fin de ce spectacle-là. Je voulais à la limite essouffler les gens. J’ai décidé que je ne laisserais pas aux gens le temps d’arrêter de rire. Parfois, l’humoriste va laisser le rire s’éteindre tranquillement avant de continuer. Moi je laisse le rire, mais je ne le laisse pas s’éteindre. J’ai envie que les gens disent: «Câline, ça n’arrête jamais!»

Ta tournée se terminera dans moins d’un an?

Exactement, ça fait plus de deux ans que je fais ce spectacle, et on est dans la dernière ligne droite, les spectacles sont plus espacés. Le gros rush de tournée où l’on part durant une semaine, ç’a été fait. On va faire les dernières de Déplaire en juillet et, en février, je vais partir en tournée avec le spectacle On va tous mourir avec Simon Boudreault.

Avant de jouer à Brossard, Laurent a reçu une plaque soulignant qu’il a vendu plus de 100 000 billets pour Déplaire. «Le public a été au rendez-vous, les critiques aussi, et on peut dire que c’est une réussite. Je suis content.»

Photo : Daniel Daignault, TVA Publications

Avant de jouer à Brossard, Laurent a reçu une plaque soulignant qu’il a vendu plus de 100 000 billets pour Déplaire. «Le public a été au rendez-vous, les critiques aussi, et on peut dire que c’est une réussite. Je suis content.»

As-tu encore besoin de répéter ton spectacle ou le connais-tu par cœur?

Je n’ai pas besoin de répéter, mais quand ça fait quelques semaines que je ne l’ai pas fait, comme l’été dernier, je repasse au moins le début de mon spectacle dans ma tête pour ne pas débuter avec un trou de mémoire. Je suis correct quand le show est lancé, mais les 10, 15 premières minutes, j’ai dû me les répéter au moins une fois pour savoir si j’étais capable de rembarquer sur la track.

Comme tu es seul sur scène, comment vis-tu avec la pression de la performance, même lorsque tu es malade?

Quand on arrive sur scène, il y a une énergie qui embarque. On ne sait pas trop à quel moment ça se passe. Ça peut se faire progressivement, tellement on ne la voit pas arriver, et à ce moment-là, on a moins les symptômes de notre maladie. Ou on peut commencer un spectacle avec un mal de tête et, à un moment donné, oublier qu’on a mal à la tête. L’adrénaline prend le dessus. Il m’est arrivé, durant un spectacle, de penser que je n’avais plus mal à la tête. Quand j’ai eu terminé, je suis retourné dans ma loge, et le mal de tête est revenu!

En rafale

Des projets et... des enfants!

À travers tous les projets sur lesquels il travaille — notamment une série Web et la supervision des textes du prochain spectacle de Rachid Badouri ainsi que celui de Billy Tellier —, Laurent est un papa comblé. «J’ai deux enfants, l’un qui est en deuxième secondaire, et ma fille est en deuxième année. Les deux ont chacun leurs défis d’apprentissage.»

Une seule peur...

«La seule affaire qui me fait peur est ma voix. Je pourrais me casser une jambe, ou avoir un bras dans le plâtre, ça ne m’empêcherait pas de faire mon spectacle. Mais, perdre la voix, ce serait épouvantable. Quand j’ai le rhume, je fais attention, et quand je sens que la voix s’en va, je peux être de longues heures sans dire un mot. Ça m’est arrivé une fois, je faisais des spectacles au Nouveau-Brunswick et en Gaspésie. Je ne parlais pas de la journée, et le soir je jouais, puis j’allais me coucher tout de suite après et je ne reparlais pas de la journée suivante.»

Laurent, prêt à aller faire rire son public!

Photo : Daniel Daignault, TVA Publications

Laurent, prêt à aller faire rire son public!

Un état d’esprit particulier

« Le fun est toujours là, ça ne m’est jamais arrivé de ne pas avoir de fun à faire mon show. Je ne dis pas ça pour dire la bonne affaire, je trouve toujours le moyen de me mettre dans un état d’esprit un peu comme si je le faisais pour la première fois. J’arrive toujours à me faire croire que j’invente mes jokes à mesure; c’est un drôle d’état d’esprit. C’est dur de décrire ça, je n’ai pas l’impression de me répéter.»

Au théâtre dans Le dîner de cons

«J’ai été engagé pour faire Le dîner de cons au théâtre de Drummondville l’été prochain (dans le rôle de François Pignon), pour une partie de juillet et en août. Je vais jouer avec Normand D’Amour. La distribution se confirme tranquillement, René Simard va jouer le rôle de Juste Leblanc.» (Gabrielle Fontaine, Bernard Fortin et Pascale Montreuil joueront aussi dans cette pièce.)

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