Virus: la menace invisible | Tueurs en série | 7 Jours
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Virus: la menace invisible | Tueurs en série

Vendredi le 15 novembre à 21 h, Explora (1er de 3 épisodes)

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Photo : Explora

Grâce à la médecine, l’humanité a réussi à survivre aux virus les plus mortels de son histoire. Toutefois, si l’on en croit les intervenants du documentaire Virus: La menace invisible, il suffirait d’un accident pour que la mort regagne du terrain.

Les adeptes du mouvement anti-vaccination oublient souvent à quel point notre monde est dangereux. Chaque année, des millions de personnes sont tuées par des virus connus ou inconnus de la communauté scientifique, qui décuple ses efforts pour enrayer les épidémies partout dans le monde. Dans Virus: La menace invisible, une minisérie documentaire produite et réalisée par Steve Rivo, on rencontre quelques-uns de ces épidémiologistes qui ont façonné le visage de la médecine — et qui continuent de le faire en s’attaquant aux virus de la variole, de l’Ebola et de l’influenza. 

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Un véritable massacre

Pour bien comprendre l’ampleur de la menace, on s’intéresse d’abord à la variole, ou petite vérole, qui a fait plus de victimes que toutes les guerres combinées. Active depuis des millénaires, cette maladie transmise par voie aérienne détruit le système immunitaire tout en recouvrant la peau et les organes internes de croûtes purulentes, accompagnées d’une forte fièvre. Le taux de mortalité est de 20 à 50 %, et les survivants restent marqués par de profondes cicatrices qu’on peut voir sur le visage de personnages historiques comme George Washington, Abraham Lincoln et Joseph Staline.

C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que l’humanité accueille la découverte d’Edward Jenner, à la fin du XVIIIe siècle. Tandis que la petite vérole fait rage, ce médecin de campagne anglais observe l’évolution de la variole des vaches avant d’inoculer la maladie à un gamin de huit ans, ce qui lui permet de développer des anticorps contre la variole humaine. Aussitôt que l’efficacité de la «vaccine» (tiré du latin vaca, «vache») est confirmée, en 1801, des meneurs tels que le président américain Thomas Jefferson lancent des campagnes de prévention qui s’avèrent un succès... bœuf.

Le combat continue

Tandis que les États-Unis semblent protégés, la naissance de l’industrie touristique et la révolution industrielle des années 1850 viennent changer la donne. C’est pourquoi la variole refait surface à plusieurs reprises en Amérique et en Europe au cours du siècle suivant, jusqu’à ce qu’un chercheur russe propose de mener une grande campagne de vaccination dans les cinq principaux foyers de la maladie. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) charge alors les Drs Donald Henderson, Bill Foege et leur équipe de se rendre en Amérique du Sud, en Afrique, en Inde et en Indonésie, où des centaines de millions de personnes attendent leur aide. 

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Évidemment, il n’y a pas assez de vaccins pour tout le monde. Lorsqu’une nouvelle flambée de variole éclate au Nigeria, en 1966, Foege a l’idée de protéger uniquement l’entourage des malades afin de contenir l’épidémie: cette stratégie de «surveillance et confinement» est un tel succès que le nombre annuel de victimes passe de deux millions à zéro en 10 ans, permettant aux scientifiques de célébrer l’éradication de la variole en 1974. 

Jouer avec le feu

Par contre, il reste des échantillons de variole un peu partout dans le monde. L’OMS décide de les réunir dans deux laboratoires surveillés à la suite du décès accidentel d’une photographe, en 1978. L’objectif est de synthétiser la maladie avant de la détruire, mais le plan change après la découverte du programme d’armement biologique de l’ex-URSS, et les premiers attentats à l’anthrax qui ont suivi les événements du 11 septembre 2001. 

Parmi les autres maladies étudiées dans la série, certaines sont transmises par des animaux.

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Parmi les autres maladies étudiées dans la série, certaines sont transmises par des animaux.

Désormais chargés d’étudier la variole au lieu de la détruire, les scientifiques sont conscients que la maladie pourrait revenir n’importe quand. Sachant que le code génétique de la variole est disponible sur le Web et qu’il suffit de quelques centaines de milliers de dollars pour le recréer, il nous faut espérer que personne ne sera assez fou pour ressusciter ce tueur en série...

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