Jeunesse arabe, yallah! | Briser les préjugés | 7 Jours
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Jeunesse arabe, yallah! | Briser les préjugés

Mardi le 12 novembre à 21 h, TV5 (Début)

Aux Émirats arabes unis, Nadia passe du bon temps avec Waleed Tharwat et Tamir Ali.
Photo : © TV5

Aux Émirats arabes unis, Nadia passe du bon temps avec Waleed Tharwat et Tamir Ali.

Nadia Essadiqi, alias La Bronze, en a marre des préjugés et de la négativité occidentale visant les pays du «monde arabe». Au cours des six épisodes de la nouvelle série documentaire Jeunesse arabe, yallah!, elle donne la parole à des jeunes arabophones vibrants et lumineux.

Nadia, que veut dire yallah?

Il y a des mots arabes qui ne se traduisent pas parfaitement par un seul mot en français. Yallah est de ceux-là. Ça veut surtout dire «allons-y» ou «c’est parti».

Comment est née cette série documentaire?

Ça faisait longtemps qu’Urbania et moi avions envie de développer un projet télé. Cette idée nous est venue parce que nous avons réalisé à quel point le monde arabe est méconnu et démonisé dans les médias occidentaux. On y associe beaucoup les pays arabophones à des trucs extrêmement négatifs qui ne sont pas leur réalité. Étant née de parents marocains, j’ai à cœur de faire comprendre aux téléspectateurs que la jeunesse du monde arabe est formée de gens passionnés, talentueux, pétillants, bons à l’école, qui font l’amour et qui boivent de la bière comme nous.

On parle du «monde arabe», mais vous avez visité six pays aux cultures bien différentes, n’est-ce pas?

Complètement! Là encore, nous, les Occidentaux, avons tendance à mettre tous les pays arabophones dans le même panier, soit par ignorance, soit par maladresse. Chacun de ces pays a une culture complexe et riche qui lui est propre. Ils ont en commun certains modes de vie et une racine langagière.

Nadia prend une bière avec Meuh, le graffiteur le plus célèbre du Liban.

Photo : © TV5

Nadia prend une bière avec Meuh, le graffiteur le plus célèbre du Liban.

Est-ce que l’arabe que vous avez appris de vos parents vous a permis de vous faire comprendre partout?

Non. Chaque pays arabophone a un arabe qui lui est propre. L’arabe du Maroc ressemble à celui
d’Algérie, mais comparativement à celui du Liban, par exemple, c’est une langue carrément différente.

Avez-vous trouvé un dénominateur commun entre les jeunes que vous avez rencontrés?

Le dénominateur commun, c’est la passion et l’intelligence qui habitent ces jeunes-là. Ce sont des jeunes qui vivent dans des contextes politiques complexes, ce qui fait en sorte qu’ils sont extrêmement politisés. C’est paradoxal: ils abordent la vie avec une grande sagesse, mais aussi un ludisme désarmant. J’ai visité des pays qui ont connu la guerre, et leur jeunesse mord dans la vie à pleines dents. Ces jeunes sont aussi impliqués et altruistes.

Qu’est-ce que Jeunesse arabe, yallah! vous a personnellement apporté?

Ça m’a mise dans un état d’humilité sans nom. Voir ces jeunes-là se déployer de cette façon dans des contextes sociaux parfois difficiles, c’était très inspirant. J’ai visité des camps de réfugiés irakiens en Jordanie, et c’était stupéfiant de voir les lueurs de bonheur dans les yeux des habitants. Ces gens-là vivent des trucs terribles et font le choix du bonheur. Ça a résonné dans mon cœur! Ça m’a rappelé notre humanité, et que nous sommes tous et toutes tellement pareils! Les frontières sont quelque chose d’inventé. Les yeux humains sont pareils partout.

Avez-vous parfois été troublée durant vos visites?

Ça m’en prend beaucoup pour être troublée. Je dirais plutôt que j’ai été touchée, contente et reconnaissante de découvrir tellement d’endroits extraordinaires. J’ai visité le désert avec des Bédouins en Jordanie et vu l’architecture extraordinaire de Dubaï.

Le premier épisode de la série se déroule en Palestine. Que pouvez-vous nous dire sur les jeunes Palestiniens?

La Palestine est sans nul doute le pays qui m’a le plus émue. Ici, on dépeint la situation israélo-palestinienne comme un conflit, mais en réalité le peuple palestinien est surtout injustement occupé. Le territoire qu’on leur a donné est continuellement restreint. Malgré tout, les jeunes qu’on y a rencontrés ont troqué la violence contre la résilience. Au lieu de se battre, ils ont choisi d’être les meilleurs dans leur domaine pour leur pays. J’ai, entre autres, discuté avec une jeune scientifique de 16 ans qui a gagné des prix aux États-Unis grâce à ses inventions. J’ai aussi rencontré un youtubeur dont les vidéos sont empreintes d’un optimisme incroyable!

Canaan Khoury dirige la brasserie Taybeh, en Palestine.

Photo : © TV5

Canaan Khoury dirige la brasserie Taybeh, en Palestine.

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