«Personne ne peut dire que je l’ai eue facile» -Julien Lacroix | 7 Jours
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«Personne ne peut dire que je l’ai eue facile» -Julien Lacroix

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Photo : Patrick Séguin, TVA Publications

L’humour, Julien Lacroix est tombé dedans quand il était petit, et il a fait du métier d’humoriste le rêve de sa vie.  Nous l’avons rencontré lors d’une répétition avec son metteur en scène. Portrait d’un travailleur aussi acharné que disjoncté! 

Julien, votre humour est tellement éclaté! Est-ce que ce trait de caractère remonte à votre enfance?

Oui! Mon spectacle se termine avec des vidéos d’archives de moi à l’âge de 10 ans et on se rend compte que mon personnage de scène, qui est un peu enfantin et perdu, était déjà là. Le jeune moi a les mêmes tics, les mêmes mimiques, la même façon de parler... C’est drôle, parce que je ne m’en étais jamais rendu compte avant de fouiller dans les archives familiales.

Étiez-vous le petit tannant de la classe, à l’école?

J’étais hyperactif, mais mon humour était sans méchanceté, comme maintenant. À l’école, j’étais celui qui faisait des blagues devant la classe et j’adorais ça. En fait, avoir la possibilité de faire rire mes amis était mon unique raison d’aimer l’école!

Comment étiez-vous perçu par vos professeurs?

Souvent, je les voyais sourire en coin pour se retenir de rire. J’arrivais alors à comprendre qu’ils devaient me chicaner, mais qu’ils trouvaient ça drôle eux aussi. Je me rappelle qu’un professeur d’histoire m’a dit pendant que je tapais sur mon bureau avec ma règle: «C’est drôle, mais là tu arrêtes.»

D’où vient cette force humoristique?

Ma famille est vraiment folle! Je sais que toutes les familles ont leurs particularités, mais la mienne a toute une énergie! C’est peut-être parce que tous ses membres travaillent dans l’industrie du cinéma et de la télévision. Ça fait deux Noëls que Mehdi Bousaidan et Yannick De Martino passent à la maison, et ils n’en reviennent toujours pas de l’ambiance perturbée qui y règne. (rires) Mes trois frères et moi, nous nous battons pendant que mon père nous crie de cesser. Le jeu de Scrabble revole et il est possible de recevoir à tout moment un morceau de dinde derrière la tête! Ce chaos familial a formé l’homme que je suis.

Est-ce que vos parents ont toujours su que l’humour serait votre place?

Je pense qu’après coup, ils peuvent dire que oui, mais j’ai vraiment été un adolescent intense. Je me souviens de ce que j’étais et si je pouvais me rencontrer à l’époque, je me serrerais le bras! Je faisais un drame avec tout! 

En pleine répétition avec son metteur en scène.

Photo : Patrick Séguin, TVA Publications

En pleine répétition avec son metteur en scène.

Votre premier one man show s’intitule Jusqu’ici tout va bien. Est-ce vrai? Avez-vous déjà connu l’échec?

Les gens me disent souvent: «Toi, ça va bien tes affaires», mais j’ai bûché en chien pour y arriver! J’ai été refusé à l’École nationale de l’humour, aux émissions Les cinq prochains et En route vers mon premier Gala et à beaucoup de galas Juste pour rire. Au début, mon personnage de scène était loin d’être affiné et je suis revenu de bien des soirées d’humour avec une mine déconfite. Après tous ces petits échecs, j’avais hâte de recevoir une tape dans le dos.

Comment avez-vous réagi à ces échecs?

Je ne suis jamais resté amer. J’ai continué de travailler, parce que je n’ai jamais eu de plan B. J’allais devenir humoriste, peu importe le chemin que j’allais prendre!

De qui avez-vous reçu une première tape dans le dos?

J’avoue que Mike Ward m’a donné une couple de tapes dans le dos qui m’ont aidé. Il est venu jouer à ma soirée d’humour, ce qui m’a donné une certaine crédibilité. Il m’a fait participer à son Mike Ward Show à Télétoon, où je devais écrire une chronique par semaine. Il a aussi participé à mes capsules Web.

Vous avez maintenant le vent dans les voiles. À seulement 26 ans, comment apprivoisez-vous la popularité?

Il n’y a pas d’école pour apprendre à devenir un peu plus connu. Il faut le vivre pour savoir que lorsque tu es avec un ami dans un bar et qu’il fait une connerie, c’est sur toi que ça va retomber parce que lui, personne ne le connaît. J’apprends donc à apprivoiser la popularité sur le tas. La chance que j’ai, c’est que je suis vraiment bien entouré. Autant mon équipe que ma famille et mes amis me gardent les pieds sur terre. Par ailleurs, quand j’ai décidé de retourner à la maison après mes spectacles au lieu d’aller prendre un verre dans les bars, tout le monde a suivi et a compris que c’était mieux ainsi.

«J’allais devenir humoriste, peu importe le chemin que j’allais prendre!»

Photo : Patrick Séguin, TVA Publications

«J’allais devenir humoriste, peu importe le chemin que j’allais prendre!»

Vos capsules Web ont récolté près de 40 millions de visionnements. Est-ce que ce chiffre impressionnant sème la jalousie?

J’ai toujours été entouré de personnes de talent qui ont toutes percé avant moi. Quand je débutais, Mehdi Bousaidan avait déjà une série à Vrak, tandis que Katherine Levac, Phil Roy et Virginie Fortin étaient à SNL Québec. Leurs succès m’ont motivé à travailler encore plus fort, parce que je voulais participer à des projets aussi excitants que les leurs. Tout le monde m’a donc vu m’acharner sur mes textes, partir d’une soirée plus tôt pour continuer à écrire ou manquer des anniversaires pour peaufiner mes projets. Personne dans mon cercle rapproché ne peut dire que je l’ai eue facile, donc non, je ne ressens pas la jalousie autour de moi.

Vous formez une très belle confrérie avec d’autres jeunes humoristes, et ce, même si vous n’êtes pas diplômé de l’École nationale de l’humour comme beaucoup d’entre eux...

Oui, ça m’a étonné au début. Je pensais que ce serait chacun pour soi. Je me suis toutefois rendu compte que lorsque nous débutons en humour, nous sommes tous dans le même bateau. Il y a vraiment une énergie d’entraide entre nous, pas de compétition. La solidarité qui nous unit fait que nous participons tous aux projets des autres.

Réaliserez-vous d’autres capsules Web?

À un moment donné, je réalisais des capsules, j’écrivais un spectacle, un film et des séries. C’était trop. Je ne dis pas que je n’en ferai jamais d’autres, mais j’ai décidé d’arrêter de diviser mon énergie pour le moment. Au lieu de travailler sur neuf choses à la fois, je me consacre à trois d’entre elles... Là, je me concentre sur mon spectacle Jusqu’ici tout va bien, je travaille un scénario de film et je tourne dans ma série Web Projet 2000.

  • Pour se procurer des billets pour la tournée de l’humoriste: julienlacroix.ca. 
  • Projet 2000, disponible dès février, sur Tou.tv.

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