«Ma carrière est marquée par la fidélité» -Elise Guilbault | 7 Jours
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«Ma carrière est marquée par la fidélité» -Elise Guilbault

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Photo : Éric Myre, TVA Publications

Depuis ses débuts, elle incarne ses personnages avec beaucoup d’aplomb. À travers des décennies de métier, l’amour que lui voue le public tout comme ses pairs ne s’est jamais tari. L’histoire d’Elise Guilbault se vit sous le signe de la fidélité. 

Elise, vous exercez votre métier depuis 35 ans. Parlez-nous de vos débuts. 

Je suis sortie de l’École nationale de théâtre du Canada en 1985. Ma carrière est marquée par la fidélité. À cette école, j’ai reçu un regard favorable de la part de mes maîtres, entre autres, d’André Brassard. J’ai collaboré avec lui pendant peut-être 10 ou 15 ans. Au tout début, il m’a même demandé de jouer sa fiancée au théâtre. La jeune actrice que j’étais se disait: «Tout est possible!» J’avais été choisie par le plus grand! Sur ma route, il y a eu Janette Bertrand, Bernard Émond et d’autres avec qui j’ai développé une relation de fidélité. J’ai donc eu un départ extraordinaire, parce qu’il n’a pas été l’équivalent de feux d’artifice. Je suis plutôt montée à bord d’un train qui roulait lentement mais sûrement et qui, depuis, ne s’arrête pas. 

Il y a aussi Anne Boyer et Michel D’Astous... 

Oui. Ils ont signé Mon fils, mais aussi 2 frères, Yamaska, Jeux de société, des séries dans lesquelles je jouais. Notre collaboration ne date donc pas d’hier. Avant même de lire les scénarios, je peux leur dire: «Oui, je le fais.»  

Avez-vous eu la chance de ne pas connaître de creux? 

J’ai connu des petits arrêts. En faire un cas équivaudrait à me plaindre le ventre plein. D’ailleurs, ces périodes nous permettent de faire le plein. Trente-cinq ans, c’est un chiffre respectable, mais il me semble que mes débuts remontent à hier. Récemment, sur le plateau de Mon fils, je ressentais encore de l’insécurité, parce que je voulais bien faire. C’est bien qu’on ne change pas sur ce plan. On est toujours autant dans le doute. Ce que je retiens de mon expérience, c’est que tout est toujours à recommencer. Mais quand, au cours d’un tournage, on se retrouve dans une impasse, on en vient à réaliser qu’on n’en est pas à son premier barbecue et qu’on sait quoi faire! 

Le doute vous habite-t-il aussi sur le plan personnel? 

Comme tout le monde. Je ne détiens pas la vérité. Ce qui est bien, c’est qu’on ne change pas tellement. C’est juste que les insécurités et les petites ou moyennes névroses se transforment.   

Dans Mon fils, vous jouez Marielle, la mère de Jacob (Antoine L’Écuyer), qui souffre de schizophrénie. Cet univers vous était-il totalement étranger? 

Oui, mais, comme actrice, j’ai déjà joué des femmes atteintes d’une maladie mentale, une médecin. L’idée est toujours de comprendre une situation, sans qu’il y ait de préjugés.  

Photo : Éric Myre, TVA Publications

 

Vous avez dit que tous ceux qui ont participé à cette production ont beaucoup appris sur ce qu’implique la schizophrénie.  

Oui. On a appris qu’il y a un incroyable manque de ressources dans l’immédiat quand une telle explosion survient dans une famille; on voit comment un jeune adulte qui va très bien va, du jour au lendemain, en être atteint.  

Pourquoi cette maladie apparaît-elle?  

On ne sera jamais sûr des causes. Jacob est sportif, il a des amis et une blonde. Puis, il se met à déraper peu à peu. Certains se sentent responsables, d’autres pensent qu’en étant encore plus présents leur enfant ira mieux, alors que l’amour ne suffit pas. Il faut aller chercher de l’aide. Mais s’en remettre totalement au système hospitalier, c’est «freakant»... Parce que là non plus, on ne détient pas la réponse magique.  

On vous verra également dans la télésérie La faille. 

J’y joue Diane, la mairesse de la municipalité. Elle est intransigeante et a des ambitions douteuses. J’étais contente de retrouver Patrice Sauvé (le réalisateur) et Frédéric Ouellet (l’auteur), avec qui j’avais travaillé sur Grande Ourse.   

  • Découvrez la nouvelle série La faille sur Club illico dès le 12 décembre.  
  • Les six épisodes de Mon fils seront aussi disponibles sur Club illico à l’hiver 2020.  

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