Richard Abel: Partager son talent | 7 Jours
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Richard Abel: Partager son talent

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Photo : Daniel Daignault

En 2020, Richard Abel comptera 40 ans de carrière. Heureux de jouer sur scène pour ses fans, le pianiste d’expérience fait partager ses connaissances à ses élèves qui souhaitent devenir à leur tour d’excellents musiciens. 

Richard, il y a longtemps que vous faites carrière, et votre passion ne se dément pas!

Oh que non! En 2020, ça fera 40 ans que j’ai présenté mon premier disque, un 45 tours! J’en ai fait trois en tout, puis j’ai lancé mon premier microsillon. J’en suis maintenant à 20 CD originaux, sans compter les compilations. Je suis fier, car on a franchi le cap du million d’albums vendus.

En plus de composer des pièces musicales et de donner des spectacles, vous enseignez. Qu’est-ce que ça vous apporte?

C’est une passion! Je ne le fais pas à temps plein, mais j’ai de la facilité pour ça: je suis d’abord et avant tout un pédagogue inné. Jeune, dès que j’apprenais à jouer quelque chose au piano, j’arrivais à mieux le montrer que d’autres. Quelqu’un m’a déjà dit: «Ce n’est pas parce que tu es un bon mathématicien que tu peux être un professeur de mathématiques.» Un bon professeur essaie de trouver la twist pour faire comprendre ce qu’il désire à ses élèves. Comme enseignant, j’ai la responsabilité de motiver mes élèves et de leur transmettre ma passion. Quand ils partent d’ici, je les sens toujours crinqués, très motivés. 

Quand avez-vous commencé à donner des cours?

Il y a très longtemps! J’ai commencé au début des années 1980. Ma première élève s’appelait Martine Nault... qui a plus tard été connue sous le nom de Martine St-Clair. Pendant longtemps, elle a été ma meilleure élève: elle était vraiment disciplinée. C’était juste avant qu’elle soit choisie par Gilbert Bécaud pour interpréter L’amour est mort. 

Qu’est-ce qui vous distingue des autres professeurs de piano?

J’ai eu moi-même plusieurs excellents professeurs. L’un des meilleurs, c’était Edna Golandsky, qui enseignait à New York. C’était cher (165 $/heure), mais ça valait la peine. Un jour, comme bien d’autres pianistes, j’ai eu un problème avec une main. J’ai consulté plusieurs spécialistes à travers le monde et j’ai acquis des connaissances sur les plans biologique, neurologique et anatomique, que beaucoup n’ont pas. Ils vont apprendre aux élèves comment mettre un quatrième doigt sur un fa dièse, leur montrer le bon rythme, la bonne interprétation d’une pièce, mais ça s’arrête à l’enseignement du piano. Avec les connaissances que je suis allé chercher, ça m’est fort utile dans mon enseignement. 

Aujourd’hui, un de vos élèves est avec nous. Parlez-nous de lui.

Il s’agit de Junior Bourcier. C’est mon meilleur en ce moment. Il a du talent. 

Depuis combien de temps travaillez-vous ensemble?

Depuis le mois de février. Il n’a pas de problème sur le plan musical, il a une bonne oreille et un bon rythme, et il est discipliné. Il a l’étoffe d’un bon pianiste. Je veux lui donner les outils pour qu’il joue ce qu’il a dans la tête quand il compose. Il avait des limites, et à chaque cours, on les repousse un petit peu plus pour qu’il atteigne son plein potentiel.

On connaît l’importance d’avoir de bons mentors, peu importe le domaine, et on sent vraiment votre plaisir à remplir ce rôle!

Je donne des cours de deux heures toutes les deux semaines et, vraiment, le plaisir d’apprendre chez l’élève est omniprésent. Je ne sais plus combien de religieusesj’ai vues enseigner et qui ont peut-être arrêté des carrières parce qu’elles étaient trop sévères, avec leurs coups de règle. Les élèves étaient démotivés et allaient à leurs cours à reculons. Alors pour moi, il est important que mes élèves aient du plaisir à apprendre. Junior ne joue pas que du piano; il joue également de la guitare, mais il a beaucoup amélioré sa technique au piano depuis qu’on travaille ensemble. 

Junior Bourcier retire beaucoup de ses leçons avec Richard. «Ces cours me permettent d’être plus solide en spectacle.»

Photo : Daniel Daignault

Junior Bourcier retire beaucoup de ses leçons avec Richard. «Ces cours me permettent d’être plus solide en spectacle.»

Dites-moi, Junior, que retirez-vous de vos cours avec Richard?

Junior Bourcier: J’ai appris beaucoup de choses. Richard a parlé de la discipline, et c’est quelque chose que je dois travailler encore. Il a un excellent sens de l’observation: il m’a fait remarquer que je m’assoyais trop près de l’instrument quand je jouais! Ces cours me permettent aussi d’être plus solide en spectacle. J’ai déjà entendu quelque part que les gens apprennent une pièce jusqu’à ce qu’ils ne la manquent plus, et que les pros, eux, jouent une pièce jusqu’à ce qu’ils ne la manquent jamais. Il y a une coche entre les deux. Il faut savoir quoi faire pour s’améliorer, pour y arriver et aller chercher de l’aide. C’est pour ça que je voulais travailler avec Richard.

Richard: Un jour, j’avais demandé à Liberace comment il faisait pour jouer sur scène aussi facilement, en ne regardant jamais son clavier, mais en souriant aux spectateurs et en leur faisant des clins d’œil. Il m’avait répondu: «C’est parce qu’à la maison je vais dans des choses beaucoup plus difficiles. Les études de Chopin, les concertos, Tchaïkovski, je ne fais pas de clins d’œil quand je joue ça chez moi.» Alors, quand il donnait un spectacle, c’était facile pour lui de jouer et de s’amuser avec le public.

Junior, il y a longtemps que vous faites de la musique?

J.: J’ai un parcours un peu particulier. Je viens d’une famille de musiciens. Il y a deux ans, je travaillais dans un autre domaine et j’ai décidé de vraiment me consacrer à la musique. Depuis l’âge de neuf ans, je compose des pièces, et j’ai sorti un album (Mystic Rain) en 2018. 

Quel genre de disque?

J.: C’est un album instrumental. Au départ, je voulais faire un disque de relaxation, mais, à force de composer, ça a bifurqué vers autre chose. Quand je crée, comme j’ai moins de technique, j’y vais vraiment avec l’émotion. Mes cours m’ont beaucoup aidé parce que, même mes compositions, j’avais du mal à les jouer sans faire d’erreur. J’ai suivi des cours avec d’autres professeurs qui étaient bons et qui m’ont aidé, mais Richard a rapidement vu des choses qu’il fallait améliorer dans mon jeu.

Son dernier album Hommage aux plus grands artistes de tous les temps — où il interprète notamment des pièces de Leonard Cohen, Céline Dion, Charles Aznavour et Elvis — est en magasin. Pour suivre les activités de Richard Abel,allez à richardabel.ca.

Photo : Courtoisie

 

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