«Il est très serein» −Isabelle Pagé est la voix de son père, Jean Pagé, en fin de vie | 7 Jours
/magazines/echosvedettes

«Il est très serein» −Isabelle Pagé est la voix de son père, Jean Pagé, en fin de vie

Image principale de l'article «Il est très serein» −Isabelle Pagé
Photo : GL Fotographie, Collaboration spéciale

C’est l’automne, et le journaliste sportif Jean Pagé le vit doublement, lui qui est à l’automne de la vie. Après 25 ans à vivre avec un cancer de la prostate, il arrive à la fin de son histoire. Sa fille Isabelle, qui par la force des choses est devenue sa voix, reprend le flambeau de l’espoir. Tout en nous donnant des nouvelles de son père, elle lui rend du même souffle un bel hommage...   

Quand on demande à Isabelle Pagé des nouvelles de son père, Jean Pagé, elle répond qu’il a toujours le moral. «Il est très serein. C’est beau de le voir.» Et il est encore très lucide. «Il est tout là! Il écoute encore le hockey, il est toujours capable de suivre les matchs.» Les Pagé prennent la vie un jour à la fois. «Et on savoure chacun des moments avec lui. C’est une belle leçon de vie. Chaque minute, chaque jour est un bonus. On est privilégiés de pouvoir avoir du temps!» La famille songe-t-elle à un Noël avec lui? «Noël, c’est loin...»  

Présentement en fin de vie, celui qui a marqué le milieu du sport au Québec en tant que journaliste vit avec le cancer de la prostate depuis 25 ans. «On a appris à vivre avec ça, mais pas de façon négative. Juste un jour à la fois, note Isabelle. Avoir un diagnostic de cancer de la prostate, ce n’est pas la fin, et c’est ce que papa voulait dire. C’est ça, je pense, le plus beau message qu’il a transmis... en le disant et en le vivant! C’est formidable, parce que ça donne un espoir!»  

Vivre dans le présent  

En juin, dans l’ultime entrevue qu’il a accordée à Réjean Tremblay dans Le Journal de Montréal, Jean Pagé disait souhaiter passer tous les derniers moments de son existence dans sa maison de Morin-Heights, où il vit aux côtés de sa blonde, Brigitte. «J’ai eu une belle vie et je vis encore de beaux moments», confiait-il à son pote Réjean. L’homme expliquait trouver du réconfort dans ses souvenirs, mais pas seulement... «Je trouve aussi le bonheur dans le présent. J’ai quatre beaux enfants. [...] Et puis, j’ai été chanceux, aucun de mes enfants et de mes six petits-enfants ne souffre d’une maladie ou d’un handicap. [...] Je me nourris de ces bonheurs.» Et il faisait savoir qu’il était prêt pour le grand départ.   

De son côté, Isabelle confie à Échos Vedettes qu’elle vit l’épreuve de son père comme lui, dans le moment présent. «Apprendre à vivre avec la maladie au quotidien, c’est aussi ne pas toujours penser juste à ça. C’est se dire: “On vit avec ça et ce qui va arriver, on va y faire face ensemble.” Papa, dans les débuts de la maladie, ne voulait pas en parler. Mais à partir du moment où il s’est ouvert, il n’a plus jamais arrêté. On a vécu ça ensemble et on le vit encore ensemble aujourd’hui! Ça donne lieu à des moments assez particuliers qu’on chérit beaucoup, autant la famille que les amis proches.»  

Tous, chez les Pagé, vivent dans l’authenticité. «Je pense que c’est une valeur que papa m’a transmise: être authentique tout le temps. Lui, il l’a toujours été dans toutes les sphères de sa vie et avec tout le monde. C’est ce que j’ai toujours vu de lui et c’est la première qualité que les gens nomment quand ils parlent de lui. Alors c’est une valeur qui est très importante pour moi, dans ma vie familiale et dans ma carrière.»  

D’ailleurs, les legs de Jean à Isabelle sont nombreux. L’un d’eux est l’aisance pour l’écriture. «Papa a une plume extraordinaire! Quand on était plus jeunes, il nous écrivait des lettres lorsqu’il partait longtemps, quand il allait aux Olympiques... Il a toujours eu un don pour très bien écrire.»   

Et les petits-enfants de Jean dans tout ça?  

Jean a six petits-enfants. Isabelle lui en a donné quatre: Eliot, 14 ans, Guillaume, 11 ans, Olivia, 8 ans et la petite Maxime, 6 ans. «Ils voient la vulnérabilité de leur grand-père... et c’est beau, c’est tout en son honneur! Ils vivent très bien avec ça. C’est sûr que dans les dernières années, papa a perdu beaucoup d’autonomie. Il a été diminué physiquement. Mais la force de leur grand-père et son authenticité dans ce qu’il vit, c’est ce qu’ils voient. On en parle. On n’a jamais rien caché à mes enfants, et c’est correct.»  

Nœudvembre est de retour   

On disait de novembre, cette période de l’année où le froid s’amène et où la noirceur s’installe plus tôt dans la journée, que c’était le «mois des morts». Depuis 2014, ce mois est davantage associé à la campagne Nœudvembre, qui sensibilise les gens au cancer de la prostate (12 Québécois reçoivent un diagnostic chaque jour). Au cours de cette période, l’organisme québécois PROCURE — qui se consacre à la lutte contre le cancer de la prostate par la recherche, la sensibilisation et le soutien aux hommes qui en souffrent et à leurs proches —, nous invite à acheter et à porter le nœud papillon conçu par le designer Philippe Dubuc sur le site de Nœudvembre . Ambassadeur émérite, Jean Pagé a sa propre collection, un coffret de quatre nœuds à son nom, qu’on peut aussi se procurer.   

«C’est un cancer qui touche les hommes. Et avec la campagne Nœuvembre, le nœud papillon, c’est mâle. Mais la façon dont plusieurs ambassadrices se la sont appropriée, je trouve que ça unit», se réjouit Isabelle Pagé. «Et ça rejoint le message que papa a toujours voulu véhiculer: on est tous ensemble là-dedans. Dans la morosité du mois de novembre, ça amène un vent de fraîcheur de se dire qu’on se soutient et qu’on est tous là les uns pour les autres.»

À lire aussi

Et encore plus