«La cuisine m’a sauvée plusieurs fois» −Jackie Kai Ellis | 7 Jours
/magazines/echosvedettes

«La cuisine m’a sauvée plusieurs fois» −Jackie Kai Ellis

Image principale de l'article Jackie Kai Ellis: De la dépression à la pâtisserie
Photo: Joe Chan, Collaboration spéciale

Elle signe le récit autobiographique La mesure de mes forces. On compare son livre au best-seller mondial Mange, prie, aime. L’histoire de Jackie Kai Ellis est si inspirante qu’elle pourrait être digne d’un scénario de film hollywoodien: elle songeait au suicide, et c’est en cuisinant des biscuits aux brisures de chocolat qu’elle a repris goût à la vie. 

Elle était de celles qu’on croyait heureuses: à la fin de la vingtaine, la Vancouvéroise Jackie Kai Ellis avait épousé un bon parti et poursuivait une belle carrière dans le milieu du design. Mais, au fond d’elle, il y avait de la tristesse, et elle a sombré dans la dépression, tant et si bien qu’elle en est venue à chercher sur Google comment se suicider de façon non douloureuse. Elle a ainsi vécu une période sombre jusqu’à ce qu’elle se mette à cuisiner des biscuits aux brisures de chocolat. C’était juste ce qu’il lui fallait pour qu’elle retrouve l’envie de vivre, qu’elle délaisse le design pour aller étudier la pâtisserie à Paris et qu’elle se mette, avec succès, à faire valoir ses talents, tant à Vancouver que chez les Parisiens. «Au début, je ne voulais pas écrire ce livre. J’avais peur d’être vulnérable et je ne voulais blesser personne», admet l’auteure. Or l’exercice de mettre sur papier son expérience personnelle lui a permis de faire la paix avec son passé pour mieux regarder vers l’avenir. 

Son langage: la cuisine

Écrire ce livre lui a été aussi salvateur qu’une fournée de biscuits! «La cuisine m’a sauvée plusieurs fois dans ma vie, confesse Jackie. C’est la fondation de mon existence. C’est le langage qu’on a utilisé dans ma famille pour montrer l’amour. On ne s’est jamais dit: “Je t’aime”. On faisait des dumplings à la place. Ma grand-mère ne m’a jamais demandé comment s’était passée ma journée. Elle me demandait plutôt ce que je voulais manger.»

Pendant sa dépression, cuisiner a été sa façon à elle de se reconnecter à son être. «Dans un état mental comme celui-là, c’est très difficile. On vit dans sa tête, dans l’imagination; on n’est pas rationnel. Or, la nourriture fait appel aux sens, avec la texture des aliments, les goûts... Je pouvais donc revenir dans mon corps et être dans le moment présent.»

Jackie Kai Ellis a fondé sa propre pâtisserie à Vancouver, Beaucoup Bakery, qui a acquis une renommée et qu’elle a vendue il y a quelques années (mais l’endroit n’a pas changé de nom; on y vend les mêmes desserts et on a conservé les recettes originales). Elle a présentement un blogue, APT La Fayette, où elle partage ses petits plaisirs. Elle travaille aussi comme journaliste lifestyle et voyages pour diverses publications. Elle a vaincu la dépression. Pourtant, malgré le succès, Jackie Kai Ellis se considère toujours comme une femme fragile, même si elle sait maintenant puiser en elle la force d’agir. «C’est le travail d’une vie», admet-elle.

Photo : Joe Chan, Collaboration spéciale

Biscuits aux brisures de chocolat

Portions : 30-36 biscuits | Cuisson : 15 min

Ingrédients

  • 284 g (2 ½ bâtonnets) de beurre non salé à température ambiante
  • 227 g (1 tasse et 2 c. à soupe) de sucre granulé
  • 285 g (1¼ tasse) de cassonade
  • 10 ml (2 c. à thé) d’extrait de vanille 
  • 2 gros œufs
  • 468 g (3 ¾ tasses) de farine tout usage
  • 7,5 ml (1 ½ c. à thé) de sel de mer fin
  • 7,5 ml (1 ½ c. à thé) de poudre à pâte
  • 6 ml (1 ¼ c. à thé) de bicarbonate de soude
  • 285 g de fèves de chocolat mi-sucré
  • 285 g de fèves de chocolat au lait

Préparation

1. Battez le beurre, le sucre et la cassonade dans un grand bol jusqu’à l’obtention d’une texture légère. 

2. Incorporez la vanille et les œufs, et mélangez à vitesse moyenne jusqu’à l’obtention d’une texture homogène. 

3. Ajoutez graduellement la farine, le sel, la poudre à pâte et le bicarbonate de soude en mélangeant grossièrement, à basse vitesse. 

4. Incorporez les fèves de chocolat. 

5. Couvrez le bol d’une pellicule plastique ou transvidez la pâte dans un contenant hermétique et réfrigérer pendant 48 h. 

6. Sortez la pâte du réfrigérateur 30 min avant de former les biscuits afin qu’elle ramolisse légèrement. 

7. Au moment de faire cuire, préchauffez le four à 175 °C (350 °F). 

8. Tapissez 2 plaques à pâtisserie de papier parchemin, formez des boules de pâte d’environ 5 cm (2 po) de diamètre et déposez-les sur les plaques. 

9. Mettez les biscuits au four et faites cuire environ 15 min ou jusqu’à ce que les bords soient dorés et caramélisés, et le centre, tout juste cuit. 

À lire aussi

Et encore plus