«Je suis restée amie avec tous mes ex» −Michèle Richard | 7 Jours
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«Je suis restée amie avec tous mes ex» −Michèle Richard

Image principale de l'article Michèle Richard est restée amie avec tous ses ex
Photo : Julien Faugère, TVA Publications

Dans sa biographie Moi... Michèle, Michèle Richard raconte sa vie en partageant avec le public des centaines de photos illustrant son enfance, ses moments de joie, ses succès, les gens qui l’ont accompagnée, les animaux qu’elle a aimés, les voyages... À 73 ans, elle ne se cache plus et dit les choses comme elle les pense. À l’occasion de la sortie de son livre, elle a accepté de revenir, avec beaucoup de tendresse, sur les hommes qui ont marqué son existence. 

S’il y a un seul homme que Michèle Richard a aimé et chéri toute sa vie, c’est bien son père, Adalbert Richard, dit Ti-blanc. «Je réalise aujourd’hui que c’est lui l’homme de ma vie.» Elle devient très émotive en évoquant celui qui a toujours été présent dans son cœur. «C’est à lui que j’ai toujours voulu plaire, même après son départ. Il est le pilier de ma vie.» 

La disparition de ses parents, au début des années 1980, est une cicatrice qui ne s’est jamais estompée. «Je n’ai pas encore fait le deuil de mes parents; c’est un psychologue qui m’a dit ça. Je suis fille unique, et mes deux parents ont été importants pour moi. Je pensais que mon deuil avait été fait, mais non... Ce n’est pas grave, c’est comme ça que je vis. Ils ont été la source d’une très grande motivation pour continuer ce qu’ils étaient heureux que je fasse. Ils ne m’ont pas forcée, je n’ai pas été dressée pour faire ça, ils m’ont laissée libre. Mais ils m’ont bien enveloppée, ils m’ont dirigée et ils ont tout fait pour que ce soit facile pour moi.»

La mémoire de ces figures tutélaires demeure importante pour la chanteuse. «J’ai eu un gros privilège: j’ai été aimée, adorée et protégée par mes parents. D’ailleurs, je n’aurais pas pu vivre cette vie-là si je n’avais pas été bien préparée par eux. Je leur parle encore tout le temps. Je me chicane même parfois avec eux quand il y a des choses plus difficiles qui m’arrivent; je leur demande de m’aider et de me protéger un peu plus.»

Ses amours

Parce qu’elle vivait en tournée avec ses parents et qu’elle n’avait pas la même vie que toutes les autres adolescentes de son âge, Michèle Richard a eu sa première aventure amoureuse avec Simon Blanchette, le très jeune pianiste de son père. «On répétait tout le temps ensemble à la maison. Pendant que ma mère faisait des choses dans la cuisine, il pouvait jouer du piano tout en m’embrassant sur la joue. Je chantais et il m’embrassait tout l’après-midi, et maman ne s’apercevait de rien.»

Mais le premier véritable amour de la chanteuse a été Denis Pantis. «Chacun de mes amoureux avait un lien avec le show-business. Je ne suis jamais tombée en amour avec un dentiste ou un médecin, je suis toujours tombée amoureuse de gens qui étaient dans le métier.» Denis Pantis était un grand producteur de musique pop des années 1960; il a d’ailleurs produit plusieurs disques de Michèle. «Il avait une incroyable volonté de réussir. Il ne vivait que pour le métier et ne parlait que de ça. Avec lui, j’ai appris la détermination. On a été ensemble durant deux ans, et il est encore mon ami aujourd’hui.»

Le parcours a été sensiblement le même que celui de Guy Cloutier, qui a aussi été l’amant de Michèle alors qu’il n’était encore qu’un simple employé de magasin de disques. «C’était toujours le même pattern qui se reproduisait. On parlait tout le temps de ce qu’on aimait le plus dans la vie, le métier qu’on était en train de faire et notre milieu. Je reconnais que le milieu était un peu archaïque à l’époque, mais c’était merveilleux.» Plus tard, c’est avec Pierre Lalonde, alors en pleine gloire, qu’elle aura une relation autant amoureuse qu’amicale. «On a chacun été nommés Découverte de l’année en même temps. Il n’y avait aucune compétition entre nous, on rêvait tous de la même chose.»

La chanteuse raconte que ces amoureux ont aussi été importants pour sa carrière, pas seulement dans son cœur. «Ils m’ont aidée et conseillée. Denis m’a beaucoup influencée; il y a bien des chansons que j’ai faites malgré moi. Les boîtes à gogo ou Les hommes (non, non, non), au départ, je ne voulais pas les chanter. C’était des crises en studio parce que je ne voulais pas faire ça. Finalement, je m’en sers encore aujourd’hui comme un porte-drapeau. C’est d’ailleurs souvent le cas pour plusieurs gros hits d’autres chanteurs ou chanteuses.»

Un seul mariage

À une époque, Michèle Richard a eu plusieurs aventures avec des amoureux étrangers. «C’est représentatif de mon goût pour la découverte de nouvelles cultures. Denis Pantis était grec. J’ai eu un Italien, un Argentin, un Vénézuélien... C’était fascinant. Avec chaque homme, je me fondais dans sa culture. Je parlais d’ailleurs beaucoup plus espagnol que maintenant.»

Toutefois, sa carrière l’a toujours éloignée de ses amours. «En dehors du fait que leurs pays et leurs cultures étaient fascinants, j’ai toujours amené mes amoureux dans mon milieu, qui est le plus beau au monde. Et quand ça se terminait, c’était souvent parce qu’ils voulaient que je reste dans leur milieu, mais ça brimait trop mon travail. J’allais les voir de moins en moins, et ça se terminait comme ça.» 

Le seul ancien amoureux de Michèle qui n’était pas forcément dans le milieu artistique, c’est l’avocat Claude F. Archambault. «Il représentait plusieurs artistes à ce moment-là. Mais les avocats qui plaident à la cour, ce sont des acteurs. Je le voyais comme ça. Je suis allée le voir plaider dans des causes importantes et il faisait les premières pages des journaux sans moi. Il n’avait pas besoin de moi. C’était déjà une star du barreau.»

Mais Michèle Richard a été l’épouse d’un seul homme, Yvan Demers. Ils se sont mariés le 15 septembre 1990. «On voyageait beaucoup, on s’amusait énormément. Yvan était un enfant et il était inconséquent. Il se moquait totalement des conséquences de ses actes. À un moment donné, la vie nous a rattrapés. Il a fallu que je continue mon chemin sans lui, parce qu’il y avait de graves conséquences à ses choix de vie. Je suis partie.» La chanteuse confie qu’ils se parlent encore à l’occasion. «Quand tu partages 15 ans de ta vie avec quelqu’un, c’est impossible de ne plus avoir de contacts. Je ne fais pas ce genre de choses, ce n’est pas dans mon univers. J’assume tout dans ma vie, ce que j’ai fait de bien et ce que j’ai fait de moins bien.»

La carrière avant tout

Si elle a bien des défauts, Michèle Richard a une grande qualité: la fidélité. Elle est toujours restée en contact avec ses ex-amoureux. «Je ne dis pas que c’était le cas sur le moment, mais avec le temps, je suis restée amie avec tous mes ex. J’ai une des plus belles facultés, celle d’oublier les mauvais moments, et je pardonne facilement. Je suis assez indulgente.»

Célibataire depuis quelques années, Michèle Richard reconnaît qu’elle a souvent placé sa carrière avant ses amours. «J’ai fait tous les sacrifices possibles dans ma vie pour continuer à faire mon métier. Et, pour être encore face à vous aujourd’hui, il a fallu que j’en fasse, des sacrifices! Mais ça a valu le coup, même au détriment de l’amour. Ça m’a apporté beaucoup de peines, beaucoup de joies, et aussi un certain équilibre qui vaut de l’or.»

Il n’est d’ailleurs pas étonnant que le dernier homme à être proche de Michèle soit son gérant, Michael Roy. «Il est arrivé à la fin du docuréalité, qui a été un gros succès autant pour moi que pour les producteurs. J’ai d’abord fait un disque avec lui, Les nuits de Montréal, puis on a continué à travailler ensemble. Il a permis de rehausser l’image de Michèle Richard pour en faire quelque chose de mieux. Il a été un vrai gérant, c’est-à-dire qu’il a fait un travail à tous les niveaux, autant sur le look que sur l’attitude et les choix... Il a un peu pris la place occupée par ma mère ou mon père quand j’étais jeune. C’est un travail de longue haleine et de constance au quotidien.»

Questionnée sur ce qu’elle aimerait que les gens disent d’elle après sa mort, Michèle Richard réfléchit longuement, semblant retracer son parcours de vie dans sa tête. «J’ai été aussi libre qu’on pouvait l’être, mais il m’a fallu travailler très fort pour ça. Ma quête a toujours été la liberté; je m’en rends compte aujourd’hui. Ç’a été le travail d’une vie.»

Le livre Moi... Michèle, dans lequel la chanteuse confie des souvenirs et des anecdotes sur sa vie à l’aide de centaines de photos, est présentement 
en librairie.

Photo : Courtoisie

Le livre Moi... Michèle, dans lequel la chanteuse confie des souvenirs et des anecdotes sur sa vie à l’aide de centaines de photos, est présentement en librairie.

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