Tes déchets, ma richesse | Le cercle de la vie | 7 Jours
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Tes déchets, ma richesse | Le cercle de la vie

Vendredi 18 octobre à 20 h, Explora

Pour entretenir ses toits verts, Martin Marion crée un substrat mélangeant des résidus alimentaires, de la poudre de brique ainsi que de la poussière de tapis d’avion. Et ça marche!
Photo : Explora

Pour entretenir ses toits verts, Martin Marion crée un substrat mélangeant des résidus alimentaires, de la poudre de brique ainsi que de la poussière de tapis d’avion. Et ça marche!

Pendant que la plupart des grosses compagnies continuent de piller les richesses de la Terre, les pionniers de la prochaine ère industrielle mettent déjà l’avenir en marche. Et lorsqu’on écoute Tes déchets, ma richesse, on constate que cet avenir est à l’économie circulaire!

Partout à travers le monde, on compte de plus en plus de citoyens, d’entrepreneurs et de scientifiques qui agissent pour sauver la planète. Au Québec, près de 150 initiatives révolutionnaires prouvent que l’économie circulaire et la symbiose industrielle sont loin d’être des concepts utopiques. La réalisatrice Karina Marceau nous invite à rencontrer quelques-uns de ces acteurs du changement dans le documentaire Tes déchets, ma richesse, présenté dans le cadre de la Semaine québécoise de réduction des déchets. 

L’animatrice, Karine Awashish, fait partie de ceux qui croient que l’industrie devrait imiter la nature.

Photo : Explora

L’animatrice, Karine Awashish, fait partie de ceux qui croient que l’industrie devrait imiter la nature.

Gagnant-gagnant

Avec l’animatrice Karine Awashish, conseillère en économie sociale et membre de l’Association des Premières Nations du Québec et du Labrador, on découvre d’abord comment Martin Marion a réussi à régler tous ses problèmes avec une seule bonne idée. Le propriétaire de LiveRoof Qc explique qu’il en avait assez de payer pour importer des matières organiques pour entretenir ses toits verts: appuyé par les chercheurs de Biopterre et la conseillère en développement durable de Lanaudière Économique, il a donc créé sa propre recette de substrat avec les déchets de plusieurs compagnies locales. 

Depuis, Marion produit entre 30 et 40 000 boîtes de substrat par année, tout en diminuant ses frais et son empreinte écologique. Et ses collaborateurs en profitent aussi: à la cafétéria de l’hôpital de Joliette, entre autres, la production de déchets organiques est passée de 120 à 40 tonnes par année grâce à un déshydrateur qui permet de réduire la matière en poudre. Marion utilise ensuite cette poudre nutritive dans son substrat, tandis que la cafétéria économise annuellement 13 000 $ en frais d’enfouissement et 64 tonnes de gaz à effet de serre.

Un exemple à suivre

Philippe Gauthier, brasseur chez Le Naufrageur, est ravi que sa drêche ne se retrouve plus à la poubelle.

Photo : Explora

Philippe Gauthier, brasseur chez Le Naufrageur, est ravi que sa drêche ne se retrouve plus à la poubelle.

À Carleton, en Gaspésie, ce modèle de partage et de réutilisation passe à la vitesse supérieure. Tout d’abord, la microbrasserie Le Naufrageur utilise les résidus de vinification de la ferme Bourdages, qui produit du vin de fraise, dans la composition d’une de ses bières les plus populaires. La microbrasserie donne ensuite sa drêche (le résidu de grain qui a été infusé pour produire la bière) à des collaborateurs tels que Donald-Mathieu Robichaud, qui s’en sert pour nourrir les cochons de sa ferme, ou à la boulangerie La Mie véritable, qui en fait de délicieux pains. 

Selon Daniel Normandin, directeur général de l’Institut du développement durable et de l’économie circulaire, cet écosystème économique en boucle courte est inédit en Amérique du Nord... mais ce n’est pas la seule première du Québec. À Cowansville, la compagnie DeltaGomma récupère notamment plus de 10 tonnes de plastique par JOUR afin d’en faire de nouvelles pièces de caoutchouc remodelables à l’infini, vendues à des clients tels que Ford. Au laboratoire de recherche de la symbiose industrielle de l’Université de Sherbrooke, Arezki Tagnit-Hamou et son équipe ont plutôt récupéré le verre et le bois afin de créer un nouvel alliage de béton pratiquement incassable. 

En fait, les exemples d’innovations québécoises en matière d’écologie industrielle sont si nombreux qu’on se dit qu’il faut avoir les œillères bien attachées pour ignorer le vent de changement qui souffle sur la Belle Province...

Des chiffres choquants

Donald-Mathieu a beaucoup de chance, puisque son voisin lui prête la terre qu’il utilise pour faire fonctionner sa ferme porcine, Le groin dans le foin.

Photo : Explora

Donald-Mathieu a beaucoup de chance, puisque son voisin lui prête la terre qu’il utilise pour faire fonctionner sa ferme porcine, Le groin dans le foin.

Considéré comme le champion des déchets par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), le Canada compte 2000 sites d’enfouissement, responsables de la production annuelle de 20 % du méthane du pays. Si tout le monde imitait les Canadiens, qui jettent 720 kg de déchets par an, l’humanité aurait besoin de plus de trois planètes Terre pour combler ses besoins!

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