«Mère ordinaire» : l’histoire d’un succès-surprise | 7 Jours
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«Mère ordinaire» : l’histoire d’un succès-surprise

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Photo d'archives Agence QMI, PIerre-Paul Poulin

MONTRÉAL | Demandez à Bianca Longpré ce que son projet «Mère ordinaire» a changé dans sa vie et vous récolterez non seulement un grand éclat de rire, mais aussi le récit d’un fulgurant succès-surprise, ni planifié, ni espéré, et conduit de façon presque artisanale, par elle-même et sa micro-équipe de cinq personnes.  

«Des fois, je suis assise et je n’en reviens pas, rigole la principale intéressée en entrevue. Il y a deux ans, je n’étais jamais montée sur une scène, je ne savais même pas comment tenir un micro, comment parler là-dedans. Avant, je ne faisais qu’écrire des statuts Facebook que les gens partageaient, je me faisais un peu reconnaître, mais les spectacles ont tout changé.»  

Congés exigeants  

Bianca Longpré avait d’abord été infirmière pendant plusieurs années, puis s’est frottée pour la première fois au milieu artistique en devenant productrice des «one man show» de son conjoint, François Massicotte.  

Elle a concilié les deux métiers jusqu’à ce qu’elle devienne maman pour la première fois, il y a 10 ans. Elle a ensuite cessé de renouveler son permis d’infirmière. À la fin de son troisième congé de maternité, elle n’avait pas d’emploi devant elle et se demandait vers quel genre de carrière elle s’orienterait.  

Mais une étincelle crépitait: celle des anecdotes de sa vie de famille qu’elle rapportait avec moult détails sur sa page Facebook personnelle, sans maquiller la vérité. Enfants turbulents ou gaffes de parents maladroits, Bianca racontait tout dans ses écrits, avec franchise et authenticité, de sa plume directe et teintée d’humour.  

«J’étais en congé parental, et dans tout ce que je voyais sur Internet, tout le monde était beau, avait de belles maisons, tout était propre, les enfants étaient toujours bien habillés... Moi, j’étais chez nous, et c’était "tough"! Il y avait beaucoup de beaux moments, mais je disais à mon "chum" : "Je comprends pourquoi les gens se séparent, avec un bébé naissant!". Mes congés parentaux, c’a été les deux années les plus exigeantes de ma vie», admet la femme d’affaires.  

Réaction enthousiaste  

La réaction a été prometteuse, à tel point que Longpré a jugé bon de démarrer une page Facebook professionnelle, «Mère ordinaire par Bianca Longpré». Son nombre d’abonnés a grimpé à une vitesse vertigineuse: ils sont plus de 270 000 adeptes aujourd’hui.  

À l’automne 2017, après un an d’échanges virtuels avec sa communauté, elle a eu l’idée d’un «one woman show» sans prétention, sans mise en scène, réservé aux femmes, où elle relaterait de vive voix les tranches de vie qu’elle déposait déjà sur Facebook, suivi d’un «party» où les «mères ordinaires» comme elle pourraient s’amuser, boire et décompresser sans culpabilité.  

Sa tournée était lancée. Plusieurs salles qu’elle avait louées se sont remplies en une soirée... alors qu’elle n’avait aucun texte appris par cœur et notait encore ses monologues sur des cartons, ce qu’elle fait toujours. Les représentations se sont multipliées, 75 000 billets se sont envolés, et Bianca Longpré est ainsi devenue humoriste, sans imposante maison de production derrière elle pour la propulser.  

Ont découlé des chroniques, un magazine, un livre, des chandails, des tasses et autres produits dérivés à l’effigie de «Mère ordinaire». Depuis le 24 septembre dernier, son spectacle est en vente sur DVD et Blu-Ray. Une deuxième tournée – dont 30 000 billets ont déjà trouvé preneurs – est déjà en branle.  

Malgré son succès, Bianca Longpré tient à continuer de gérer sa petite entreprise elle-même et annonce déjà que son deuxième spectacle, qui vivra jusqu’au début 2021, sera son dernier.  

«C’est difficile, faire des "shows". Les fins de semaine, quand mes enfants ne sont pas à l’école et que je pourrais avoir du temps de qualité avec eux, moi, je travaille. Mon but n’est pas de devenir une humoriste à long terme. Notre priorité, à mon "chum" et moi, c’est notre famille. Je le fais en ce moment, c’est "trippant", mais je ne le ferai pas 50 ans.»  

Le DVD et le Blu-Ray du premier spectacle «Mère ordinaire» sont présentement en vente.

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