«Je lui ai dit d’avoir du plaisir» -Bruny Surin | 7 Jours
/magazines/lasemaine

«Je lui ai dit d’avoir du plaisir» -Bruny Surin

Bruny et sa conjointe, Bianelle, soutiennent toujours leur fille Katherine.
Photo : Courtoisie

Bruny et sa conjointe, Bianelle, soutiennent toujours leur fille Katherine.

Il y a déjà 17 ans, Bruny Surin prenait sa retraite de l’athlétisme. Aujourd’hui, c’est avec bonheur qu’il assiste aux entraînements et aux performances de sa fille Katherine qui marche — ou plutôt qui court! — dans ses pas. L’ex-champion n’était pas peu fier lorsque cette dernière a remporté une médaille de bronze aux Championnats canadiens d’athlétisme qui se sont tenus à Montréal en juillet.

Bruny, votre fille Katherine a remporté la médaille de bronze aux Championnats canadiens cet été. Cela devait être incroyable pour vous de la voir monter sur la troisième marche du podium?

Oui, j’étais fier et je suis vraiment content. C’est sûr qu’elle a travaillé très fort. J’étais nerveux parce qu’au cours des trois dernières années, chaque fois qu’elle commençait à s’entraîner et qu’elle faisait deux ou trois compétitions, elle se blessait pour le reste de la saison. Ça avait bien commencé au début de l’année, et je me disais qu’il fallait que ça dure. Heureusement, ça s’est bien passé jusqu’aux Championnats canadiens.

À quel moment avez-vous réalisé que votre fille avait le talent nécessaire pour suivre vos traces en athlétisme?

Je dirais que je l’ai réalisé il y a quatre ans. Un travail de préparation mentale était à faire et, au début, elle n’y croyait pas trop et se posait beaucoup de questions. On a beaucoup travaillé là-dessus. Heureusement, je peux dire qu’elle est mieux préparée psychologiquement, mais il y a encore du chemin à faire. 

Vous êtes-vous dit que le fait qu’elle porte votre nom allait lui imposer plus de pression?

Dès le début, quand elle m’a annoncé qu’elle voulait faire de l’athlétisme, je me suis assis avec elle et je lui ai dit qu’elle devait le faire pour elle avant tout, et ne pas essayer de faire des comparaisons avec moi. Surtout, elle ne devait pas se mettre de pression sur les épaules parce qu’elle porte le nom Surin. L’important était qu’elle travaille fort et je lui ai souvent répété qu’il fallait qu’elle ait du plaisir.

Photo : Bruno Petrozza, Groupe TVA

À 23 ans, Katherine a-t-elle un bel avenir dans le sport?

Oh oui! Elle a de très bonnes années devant elle et elle rêve de participer aux Jeux olympiques. Il y a les Jeux de l’an prochain, puis ceux de 2024, et si elle a encore cette passion-là et qu’elle travaille fort, je suis sûr qu’elle peut y arriver.

Si on parle de l’athlète en vous, à quel âge avez-vous obtenu vos meilleurs résultats?

Imaginez, j’avais 32 ans quand j’ai connu ma plus belle saison! On me demande souvent à quel âge on arrive au sommet, mais en athlétisme, il y a tellement d’éléments qui peuvent survenir. Regardez Usain Bolt, qui a été au mieux de sa forme à 22 ans. Moi, j’ai commencé le sprint sérieusement à cet âge. Il a pris sa retraite à 31 ans, moi, à 35. Tout ça est une question de savoir à quel moment tu as commencé sérieusement, quel genre de blessure tu as eu, sans oublier l’usure de ton corps. Je dirais qu’entre 22 et 32 ans, ce sont en général de bonnes années. Au 100 mètres, on a vu des gars qui avaient 36 ans et qui couraient encore sous les 10 secondes. Katherine a donc de très belles années devant elle.

Imaginez-vous, avec votre femme, assister aux Jeux olympiques et regarder votre fille courir?

Ce serait trop écœurant! (rires) C’est sûr que si elle parvient à y participer, je vais être là, et toute la famille est derrière elle. 

Quelle est sa plus belle qualité comme athlète?

Je dirais sa persévérance à l’entraînement. Elle n’a pas peur de travailler. Elle est tellement motivée qu’elle en demande encore plus à son coach, et ça m’a agréablement surpris de savoir ça. 

Le 19 septembre a eu lieu la 17e édition du Gala de la fondation Bruny Surin. Quel est le but de votre fondation?

Nous avons un programme avec la Fédération québécoise d’athlétisme qui a pour nom Les premières foulées Bruny Surin et à travers lequel, depuis cinq ans, on fait environ 25 compétitions dans des gymnases pour les jeunes de 6 à 13 ans, et on les initie à l’activité physique. On a des compétitions de course, de saut et de lancer. On a aussi des bourses sports-études qu’on donne par l’entremise de la Fondation de l’athlète d’excellence du Québec, et on fait la promotion des saines habitudes de vie et de persévérance scolaire. J’aimerais un jour aider davantage les jeunes en donnant des bourses scolaires.

Mis à part votre Fondation, qu’est-ce qui vous occupe?

J’ai plein de projets. J’ai ma collection de vêtements, je fais des conférences dans des entreprises et j’en donne même à l’extérieur du Canada. J’ai aussi commencé à travailler dans l’immobilier. Je pense que je suis un entrepreneur dans l’âme, et ça faisait longtemps que je voulais toucher à ce domaine. 

«Ma plus grande force est ma volonté» — Katherine

Photo : Courtoisie

Tout comme sa sœur, Kimberley-Ann, Katherine fait la fierté de ses parents. Monter sur le podium aux Championnats canadiens d’athlétisme en juillet l’a convaincue de continuer dans ce domaine. 

Vous avez remporté les honneurs cet été.

Oui, avant cette année, j’hésitais beaucoup à savoir si j’étais assez bonne pour continuer ma carrière à un autre niveau. Ma médaille de bronze m’a donné confiance en moi et m’a prouvé que je méritais ma place parmi les meilleures athlètes du pays.

Quels sont vos objectifs pour la prochaine année?

J’aimerais représenter le Canada aux Jeux olympiques à Tokyo au 400 m et au relais 4 x 400 m. Mes parents me soutiennent et s’assurent que je suis bien encadrée pour atteindre mes buts.

Selon vous, quelles sont vos plus belles aptitudes comme athlète?

Je dirais que ma plus grande force est ma volonté. Je donne mon 100 % à l’entraînement et mes efforts ont porté leurs fruits. Ma faiblesse est d’avoir du mal à rester forte mentalement quand je performe moins bien, mais peu importe le sport, il est impossible de réaliser une haute performance semaine après semaine.

En raison des blessures que vous avez subies, avez-vous songé à abandonner?

Je me suis dit plusieurs fois que je devrais me concentrer sur mes études et avoir un emploi stable. Mais j’ai compris qu’il faut aider mon corps à éviter les blessures en faisant des exercices pour renforcer mes muscles.

À lire aussi

Et encore plus