Éric Lapointe: Hommage au petit gars devenu rock star | 7 Jours
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Éric Lapointe: Hommage au petit gars devenu rock star

Image principale de l'article Hommage au petit gars devenu rock star
Photo : Julien Faugère

Éric Lapointe avait à peine neuf ans qu’il rêvait déjà de devenir un grand rockeur. Sa mère, Doris, et sa marraine, Anne, ont suivi ses premiers pas dans le monde de la musique et l’ont écouté gratter ses premiers accords sur une guitare commandée dans le catalogue Sears. Le 28 septembre, Éric Lapointe souffle ses 50 bougies et souligne aussi le 25e anniversaire d’une carrière fulgurante. Deux femmes importantes dans sa vie nous racontent les rêves d’un garçon et nous font découvrir l’homme caché derrière la star. Un hommage touchant et authentique.  

Doris, qu’est-ce que ça vous fait de voir votre Éric franchir le cap de la cinquantaine? 

Doris: Ça fait vieillir la maman, et la marraine, en même temps. Tout a passé si vite. C’est difficile de croire qu’il a déjà 50 ans. Mais je suis fière de lui, du chemin qu’il a parcouru et du père qu’il est devenu. 

Anne: Ça me fait tout drôle. J’ai l’impression qu’hier encore il jouait avec sa petite guitare dans la cuisine. Je me souviens quand il venait en vacances avec moi... Nous faisions des road trips tous les deux. On allait partout, même jusqu’à Sept-Îles, à bord de ma petite Volkswagen.  

Quel genre d’enfant était Éric? 

D.: C’était un garçon facile, enjoué et toujours de bonne humeur. Comme c’était le premier enfant dans la famille, il a été gâté par mes parents et mes sœurs. Il chantait toujours.  

A.: C’était un petit gars très allumé. Sur la route, quand nous avions besoin d’indications, c’est lui qui prenait les devants et qui allait s’informer auprès des gens. Il n’avait que six ou sept ans. Il me répétait ensuite le trajet par cœur. Il avait une facilité à communiquer avec les gens.  

Doris, entourée de ses fils, Hugo et Éric.

Photo : Pascale Lévesque, TVA

Doris, entourée de ses fils, Hugo et Éric.

Quand vous êtes-vous rendu compte qu’il avait un talent pour la musique? 

D.: L’un de mes beaux-frères, Laurent, qui était musicien, habitait à Sept-Îles. Quand on lui rendait visite, Éric aimait bien faire de la musique avec lui. Je pense que c’est là qu’il a eu la piqûre. Laurent jouait beaucoup dans les pianos-bars et il faisait parfois des spectacles l’après-midi. Un jour, il a fait monter Éric sur scène pour qu’il chante avec lui. Ça a allumé quelque chose en lui. Ensuite, Éric a commencé à suivre des cours de musique. C’était déjà clair pour lui qu’il allait devenir chanteur.  

A.: Après son petit spectacle, il avait passé le chapeau pour récolter quelques sous. Il avait déjà la bosse des affaires même en bas âge. Une autre fois, il avait fait un spectacle pour le Club Lions de Mont-Joli. Il avait chanté La complainte du phoque en Alaska, de Beau Dommage, et Pour un instant, d’Harmonium.  

L’avez-vous tout de suite encouragé à faire de la musique? 

D.: Au début, je trouvais ça bien cute qu’il pousse la chansonnette et qu’il écrive des chansons. Mais quand c’est devenu plus sérieux et qu’il s’est mis à parler d’en faire un métier, j’étais perplexe... Je doutais qu’il puisse arriver un jour à gagner sa vie avec ça. Son père, Serge, était plus encourageant que moi. J’aurais préféré qu’il continue ses études et qu’il apprenne un métier. Dans ma tête, on ne pouvait pas gagner sa vie avec la musique. 

A.: Moi, je n’avais pas les inquiétudes de ma sœur. Je voulais qu’il poursuive son rêve et j’y croyais. Je trouvais qu’il avait quelque chose... Le talent était là et la volonté aussi, même quand il était tout jeune. Il était très bon. 

Est-ce qu’Éric réussissait bien à l’école? 

D.: Oui, il pouvait avoir d’excellents résultats — du moins, s’il le voulait. Il me disait alors: «Je t’ai prouvé que j’étais capable. Tu le sais, c’est ce qui est important.» 

Quel a été l’élément déclencheur qui a fait en sorte que vous avez commencé à croire qu’il pourrait faire carrière dans la musique? 

A.: Moi, j’y ai cru dès le début. Il avait du talent. Même si je ne connaissais rien au milieu de la musique, je savais que ça allait marcher pour lui. Je me souviens du lancement de son premier disque: le public l’acclamait et connaissait déjà les paroles de ses chansons par cœur. J’étais vraiment impressionnée et heureuse. J’ai aussi capoté lors du premier vrai show qu’il a donné dans un bar de Montréal. C’était fou comme soirée! Là, je me suis dit qu’il avait réussi. 

D.: Sérieusement, je pense que j’y ai cru à partir d’Obsession, son premier disque. Ensuite, je me rappelle avoir eu de gros frissons au premier spectacle de la Saint-Jean. Cet été-là, j’écoutais Le 6 à 6 à la radio, le palmarès des hits les plus populaires, et il était en première position avec Terre promise. Là, je me suis dit qu’il se passait quelque chose. Si au départ j’avais certaines réserves, je n’ai jamais douté de son talent. Mais ce milieu m’était inconnu, ça me semblait difficile et inatteignable, comme rêve. 

Coach de La Voix depuis 2014, il a mené son protégé, Ludovick Bourgeois, vers la victoire en 2018.

Photo : Joel Lemay, Agence QMI

Coach de La Voix depuis 2014, il a mené son protégé, Ludovick Bourgeois, vers la victoire en 2018.

Anne, vous êtes comme une deuxième maman pour Éric... 

A.: Oui. Je suis toujours dans les parages. Je suis toujours là pour lui s’il a besoin de moi. Disons que j’ai toujours fait ce que je pouvais pour lui simplifier la vie.  

Y a-t-il des fois où vous disiez non à Éric? 

D.: Disons qu’encore aujourd’hui, même s’il a 50 ans, j’ai beaucoup de difficulté à lui dire non quand il me demande quelque chose. Mon cœur de mère me dit de lui dire oui.  

A.: Quand il veut quelque chose, il sait comment s’y prendre pour l’obtenir — ça fait partie de ses forces. Mais il faut dire que j’aime être là pour lui. Je n’ai pas eu d’enfant. Éric, c’est comme mon fils, et une mère, c’est là pour son fils.  

Doris, vous avez eu trois garçons: Éric, Marc et Hugo. À quoi ressemblait la dynamique à la maison entre les trois frères? 

D.: Beaucoup de gens pensent que ça devait être fou dans la maison. Pourtant, ce n’était pas le cas du tout. Éric est l’aîné, et Marc, le deuxième. Éric était le leader. Quand Hugo est arrivé, ils étaient déjà assez vieux. Ils ont été des grands frères protecteurs auprès de lui. Il n’y a jamais vraiment eu de chicane entre mes fils.  

Doris, quand on a deux fils qui sont dans la musique, comment fait-on pour les encourager sans créer de compétition entre eux? 

D.: Dès le départ, il n’y avait aucune compétition entre eux. Hugo est très fier du succès de son frère. Éric a toujours été son idole. Hugo a alors choisi de faire son chemin et d’avoir son propre style. Ce qui est le plus important pour moi, c’est de les voir tous les deux gagner leur vie à faire quelque chose qu’ils aiment.  

Donnez-vous toujours des conseils à Éric? 

D.: Je lui dis pas mal toujours ce que je pense, mais en vieillissant, on dirait qu’il prend un peu moins bien mes critiques! (rires) Je lui donne l’heure juste, ça fait partie de mon rôle de mère.  

Anne, êtes-vous aussi critique envers lui? 

A.: Oui. Et comme je le suis à chacun de ses spectacles, il m’arrive de lui proposer de mettre un peu plus d’ordre dans ses affaires.  

En 2000, Éric rafle pas moins de quatre statuettes au Gala de l’ADISQ.

Photo : Agence QMI

En 2000, Éric rafle pas moins de quatre statuettes au Gala de l’ADISQ.

De quoi êtes-vous le plus fière quand vous pensez à la carrière d’Éric? 

A.: Ce dont je suis le plus fière, c’est de voir qu’il est toujours là dans le monde de la musique et que ça continue d’aller bien pour lui. Il a tellement de fans fidèles. Et il peut continuer de faire ce qu’il aime le plus.   

D.: Son perfectionnisme m’impressionne. Pour lui, ce n’est jamais assez parfait. Il ne laisse rien au hasard, et ça me rend fière. J’aime aussi son authenticité. Même que, des fois, je trouve qu’il en dit trop. Mais c’est un vrai et ça lui réussit. 

Justement, y a-t-il des fois où vous vous dites qu’il va trop loin ou qu’il est trop rock’n’roll? 

D.: Des fois, on essaie de le ramener à l’ordre, mais mon fils a la tête dure et il fait ce qu’il veut. C’est certain qu’il m’est arrivé de lui demander de ralentir par rapport à certaines choses, de prendre plus soin de lui.  

Est-ce que vous vous inquiétez pour lui, parfois? 

A.: C’est sûr que je me suis inquiétée quand il avait un mode de vie plus rock’n’roll. Je lui demandais de dormir un peu plus, de manger mieux et de faire plus attention à lui.  

D.: Bien sûr, des fois, j’ai eu des inquiétudes. Il faut dire que je suis anxieuse de nature! Mais ça fait lontemps, il est plus calme, maintenant.  

Avez-vous l’impression que son rôle de papa l’a changé? 

D.: Ça l’a assagi un peu. Il aime tellement ses fils. C’est un bon père et il est présent pour eux. C’est viscéral chez lui. D’ailleurs, son plus vieux, Christophe-Arthur, me fait tellement penser à lui, c’est fou! C’est un mini Éric.  

A.: Édouard, le plus jeune, est un petit vite, comme Éric quand il avait son âge. Il lui ressemble moins, mais il a des traits de la personnalité de son père.  

Anne, vous travaillez avec Éric. Vous êtes en quelque sorte la responsable de la table de marchandise promotionnelle durant les spectacles? 

A.: Oui. Je fais ça depuis plus de 20 ans. Je suis responsable des commandes de t-shirts et autres produits. Je prépare le stock avant chaque spectacle: je vérifie la qualité et je m’assure que tout se passe bien. J’aime faire ce travail. Ça me permet de passer du temps avec Éric et de connaître ses fans.  

L’été dernier, le rockeur a souligné ses 50 ans, en compagnie d’artistes invités, dont Lara Fabian.

Photo : Simon Clark, Agence QMI

L’été dernier, le rockeur a souligné ses 50 ans, en compagnie d’artistes invités, dont Lara Fabian.

Qu’est-ce qui vous impressionne le plus chez Éric? 

D.: Son charisme! Il se donne tellement et il a tellement d’énergie sur scène. Il est fort impressionnant à voir aller, et c’est aussi impressionnant de voir comment tout ça est reçu par le public. Je suis très fière de lui. 

A.: Je vais me souvenir toute ma vie du spectacle de cet été sur les Plaines pour ses 50 ans. J’étais émue, fière et heureuse. Ç’a été l’un de ses meilleurs spectacles. Il a toujours été fonceur.   

En terminant, que pouvons-nous souhaiter à Éric pour la suite des choses? 

D.: J’aimerais qu’il soit heureux. Je lui souhaite de continuer de faire ce qu’il aime le plus, de la musique. 

A.: Éric, c’est Éric. C’est un rockeur et il est vrai. Je lui souhaite que ça continue et qu’il puisse faire de la scène encore longtemps et qu’il prenne soin de lui.   

  • Pour connaître les dates de show d’Éric Lapointe, suivez-le sur ericlapointe.com .  
  • Son nouvel album Délivrance est en magasin. 

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