Mont tétons | Anick Lemay donne aux suivantes | 7 Jours
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Mont tétons | Anick Lemay donne aux suivantes

Lundi le 30 septembre à 19 h, MOI ET CIE

Avec Kim, l’une des cinq participantes.
Photo : © MOI ET CIE

Avec Kim, l’une des cinq participantes.

Puisque la comédienne a elle-même reçu un diagnostic de cancer du sein en 2017, personne n’était mieux placé qu’elle pour réaliser un documentaire sur cette épreuve difficile. Dans Mont Tétons, elle accompagne cinq femmes qui sont à cinq étapes différentes de la maladie, pour bien démystifier celle-ci.

Anick, qu’est-ce qui vous a motivée à tourner ce documentaire?

Quand je suis tombée malade, il y a un an et demi, j’ai cherché des documentaires sur ce qui m’arrivait, mais je n’ai trouvé que des productions très sirupeuses ou axées sur la médecine et non sur la patiente. Quand on reçoit un diagnostic de cancer du sein, on voit une ribambelle de spécialistes de la santé, et je n’avais pas envie qu’un autre médecin vienne m’expliquer ce qui allait m’arriver. Je me suis donc dit que, quand le cancer serait derrière moi, je devrais essayer de réaliser quelque chose de mieux.

Avec Josiane.

Pourquoi vous lancez-vous dans l’aventure aussi vite?

Honnêtement, je ne pensais pas que tout irait si vite lorsque j’ai proposé le projet à mes productrices, en novembre, alors que je venais de finir mes traitements. Je planifiais tourner le documentaire dans deux ans, parce que c’est habituellement le temps qu’il faut pour réunir les investissements nécessaires à ce genre de réalisation. J’ai été la première surprise, au printemps, d’avoir une caméra à mes côtés et cinq femmes prêtes à témoigner de ce qui leur arrive.

Sur le plan émotif, le fait que votre «danse» avec le cancer soit encore si récente vous a-t-il nui durant le tournage?

À bien y penser, je crois que c’était un avantage, parce que je suis toujours dans cette réalité. Encore ce matin, j’avais un rendez-vous à l’hôpital Sacré-Cœur pour parler de ma prochaine opération de reconstruction. Je me trouve bien placée pour accompagner ces femmes. De plus, peut-être que dans deux ans, je ne voudrai plus en parler, car ce sera derrière moi.

Avec Louise.

Comment décririez-vous Jacqueline, Louise, Josiane, Kim et Manon, les cinq femmes qui ont accepté de participer au documentaire?

Elles sont très généreuses et frondeuses. Je ne dirais pas que ce sont des combattantes, parce qu’aucune n’a l’impression de se battre. Ce sont plutôt des filles qui se retroussent les manches et qui se disent: «OK, ça m’est arrivé à moi, donc je vais y aller une étape à la fois.» Elles ont aussi beaucoup d’humour. Il en faut, de l’autodérision, pour se dévoiler comme elles le font dans le documentaire. Je les aime énormément!

Avec Manon.

Sont-elles devenues des amies?

Tout à fait! J’ai cinq nouvelles amies! Elles se sont rencontrées et elles ont vraiment «connecté» ensemble. Ce qui est fou, c’est que nous parlons à peu près de n’importe quoi lorsque nous nous voyons, sauf de la maladie! Bien sûr, nous nous enquérons de la santé de Louise, qui suit présentement des traitements de chimiothérapie, mais, après, nous parlons de son chien, de randonnée et de mille autres choses, mais pas de cancer.

Pourquoi ces femmes ont-elles accepté de tout dévoiler devant la caméra?

Pour la plupart, elles auraient aimé voir ce film-là après avoir reçu leur diagnostic. Elles y participent donc par pure bienveillance; c’est leur façon de donner à la suivante.

Tournage d’une scène à l’hôpital.

En plus d’apparaître à l’écran, vous réalisez le documentaire. Pourquoi était-ce important pour vous?

Je ne vois pas qui d’autre aurait pu raconter cette histoire. Au début, je ne devais même pas être devant la caméra; j’étais seulement la narratrice. Cependant, après deux jours de tournage, l’équipe de production m’a avertie: il fallait qu’on me voie physiquement accompagner les femmes à l’écran pour faire le lien dans le documentaire. J’ai dû m’efforcer de lâcher prise sur mon travail de réalisation, car je n’avais plus l’œil devant mon moniteur. C’est vraiment en salle de montage que j’ai eu l’impression de reprendre mon rôle de réalisatrice.

Votre guide de survie s’adresse-t-il seulement aux personnes atteintes de cancer du sein et à leur entourage?

Je pense qu’il va aider tous ceux et celles qui accompagneront le Canadien sur deux qui aura un cancer dans sa vie. Mon guide ouvre les portes de l’oncologie et montre que le cancer n’a pas seulement le visage d’un patient sans cheveux ni cils, qui en arrache. Le cancer, c’est vivant, donc ça rit, ça fait mal, c’est dégueulasse, mais c’est aussi lumineux.

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