«J'avais besoin de recommencer à neuf» -Mika | 7 Jours
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«J'avais besoin de recommencer à neuf» -Mika

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Photo : Patrick Delisle-Crevier

Le chanteur était récemment de passage à Montréal pour y présenter deux concerts. Nous l’avons rencontré à son hôtel pour discuter du processus de création de son nouvel album, intitulé My Name Is Michael Holbrook.

Mika, pourquoi as-tu décidé de donner ton vrai nom à cet album?

Pour plein de raisons, la plus fondamentale étant que j’ai ressenti le besoin de recommencer à neuf et de me représenter au public. J’avais envie de tirer un trait, d’appuyer sur «Reset» et de prendre un nouvel engagement envers ma musique et mon écriture. C’est un genre d’évolution, de prise de maturité...

Est-ce une sorte de remise en question?

Oui. J’ai eu envie de retrouver qui je suis et, surtout, de retrouver l’amour de ce que je fais. Après 12 ans de carrière, il faut se poser des questions, faire une mise au point, se demander de quelle façon on a changé et réfléchir à qui on est. Il y a plein de trucs qui se sont passés qui ont mené à ça. Mon sentiment envers l’industrie de la musique a un peu contaminé mon amour de la musique. Pourtant, c’est la chose la plus importante dans ma vie! Si je n’ai pas la musique, je ne sais pas ce que je fais. Michael Holbrook, c’est mon nom de plume, en quelque sorte, et il m’a été très utile pour examiner qui je suis et me redécouvrir.

Qu’est-ce qui a été l’élément déclencheur de tout ça?

C’est à la suite d’un road trip que s’est enclenchée l’écriture officielle de l’album. Un jour, j’ai eu envie de prendre un sac à dos et mes chiens, et de partir à l’aventure. Je me souviens que, pour une rare fois, ma mère n’était pas à la maison. J’ai roulé de la Floride jusqu’à Savannah, en Géorgie — la ville d’où venait mon père —, et je suis allé au cimetière pour voir les descendants qui portaient le même nom de famille que moi. J’ai réalisé que tout ça faisait partie de mon identité, et j’ai eu envie d’être moi-même, d’être désormais Michael Holbrook.

Es-tu proche de ta mère?

Oui, sans elle, je ne serais pas l’artiste que je suis aujourd’hui. Elle m’a poussé chaque jour de mon enfance pour que j’accomplisse ce qu’il fallait avec la musique. Elle était extrêmement exigeante, beaucoup plus avec moi qu’avec mes frères et mes sœurs. Je n’avais pas toujours envie de faire ce qu’elle voulait que je fasse mais, en même temps, je sais qu’elle me poussait à travailler fort pour mon bien. Je faisais des spectacles ici et là, et quand c’était loin de la maison, on dormait dans la voiture, mais on faisait semblant d’avoir une chambre d’hôtel pour sauver la face! L’important pour elle, c’était que je décroche des contrats et que je fasse ce que j’aime.

Parle-moi du processus créatif de cet album...

Ça faisait une année et demie que je n’avais pas écrit une seule chanson. Pour moi, qui ai l’habitude de toujours écrire, c’était étrange. Je me suis donné une date butoir puis, sur un coup de tête, j’ai décidé de me construire un studio à la maison et de m’acheter un piano blanc, comme celui que j’avais à 16 ans. Avant de commencer à travailler, j’ai établi une règle: tous ceux qui allaient collaborer à l’album allaient venir vivre chez moi pour qu’on puisse écrire et faire de la musique du matin au soir. Je n’avais plus envie de travailler dans des studios commerciaux, et j’ai aussi fait table rase de mes collaborateurs d’avant. J’avais envie de construire un nouvel univers.

La période de création de ce disque a-t-elle été difficile?

Oui, car il s’est passé plein de choses pas très joyeuses autour de moi. Des gens de mon entourage sont tombés malades, d’autres sont morts... Finalement, j’ai perdu cinq personnes durant l’écriture de ce disque. Ç’a été une période difficile, mais ce qui est surprenant, c’est que ce nouvel album n’est aucunement triste. C’est un album heureux, plein de mélodies et de couleurs. C’est ce qui est sorti, c’est ce dont j’avais besoin.

Tu viens de présenter deux concerts à Montréal. Que représente cette ville pour toi?

J’adore Montréal! C’est une ville qui a un petit quelque chose de New York, du Vermont et de l’Europe. C’est une ville ouverte, avec un grand clash des cultures, et je trouve ça fascinant! C’est une ville formidable, mais je ne l’habite pas, parce qu’il fait beaucoup trop froid l’hiver.

Tu n’es plus coach à The Voice, en France. Pourquoi?

J’avais fait le tour du jardin. Cela dit, j’ai adoré ce que j’ai fait. Je suis resté moi-même, j’ai eu beaucoup de plaisir et ça m’a appris beaucoup de choses. Ç’a été très utile. Je suis vraiment reconnaissant d’avoir pu faire cette émission et d’avoir pu parler avec les gens. Aujourd’hui, on ne le fait que trop peu, et c’est encore plus vrai à la télévision. Mais, après quelques années, j’ai eu envie de me consacrer à d’autres projets.

En terminant, qu’as-tu à l’horaire pour les prochains mois?

Je vais faire beaucoup de promotion tout en continuant mes spectacles. Je m’en vais en Californie, ensuite je ferai de la promotion en Europe, puis la tournée va se poursuivre jusqu’à la fin de l’hiver. Je vais vivre dans mes valises, mais j’aime ça, à condition que mes deux golden retriever me suivent. Comme je n’aime pas les autobus de tournée, je préfère voyager en voiture avec eux.

  • L’album My Name Is Michael Holbrook sera offert à compter du 4 octobre. Infos: mikasounds.com.

Photo : courtoisie

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