Entrevue avec Joël Dicker, l’auteur du roman qui a inspiré la série : «Patrick Dempsey est très solide dans le rôle de Harry» | 7 Jours
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Entrevue avec Joël Dicker, l’auteur du roman qui a inspiré la série : «Patrick Dempsey est très solide dans le rôle de Harry»

Samedi 21 septembre à 21 h, Radio-Canada

Patrick Dempsey
Photo : Radio-Canada

Patrick Dempsey

En 2012, l’écrivain suisse Joël Dicker s’est fait connaître avec la publication de La vérité sur l’affaire Harry Quebert, son deuxième roman. Le réalisateur Jean-Jacques Annaud en a tiré une minisérie de 10 épisodes, tournée notamment à Forestville (Côte-Nord) et à Montréal. Elle met en vedette Patrick Dempsey dans son premier rôle depuis son départ de la série Dre Grey, leçons d’anatomie.

Joël Dicker, Patrick Dempsey (Harry), Kristine Froseth (Nola), Jean-Jacques Annaud et Ben Schnetzer (Marcus) au premier Festival international des séries de Cannes, en avril 2018.

Photo : Getty Images

Joël Dicker, Patrick Dempsey (Harry), Kristine Froseth (Nola), Jean-Jacques Annaud et Ben Schnetzer (Marcus) au premier Festival international des séries de Cannes, en avril 2018.

Joël, on dit que votre éditeur (Bernard de Fallois, décédé en janvier 2018) et vous avez refusé plus de 90 propositions d’adaptation. Est-ce vrai?

Oui, mais il faut se mettre dans la perspective du monde du cinéma et se rendre compte que, souvent, une offre ne tient pas à grand-chose. Les producteurs ou les studios vous assurent qu’ils sont intéressés, mais quand il s’agit d’exprimer cet intérêt par écrit, ils ne veulent pas se commettre. 

Qu’est-ce qui vous motivait à attendre l’adaptation répondant à vos critères?

C’est la sagesse de mon éditeur, qui disait qu’il valait mieux pas de film qu’un mauvais film. On voulait que la série soit tournée aux États-Unis — pour que l’ambiance américaine du livre soit là — et qu’elle soit fidèle au roman. 

Vous ne vous êtes pas impliqué dans le processus d’adaptation. Pourquoi?

Parce que je ne voulais pas commencer à apprendre à Jean-Jacques Annaud (Sept ans au Tibet, Le dernier loup) à faire une série! Je ne voulais pas être dans sa position et devoir prendre pour la série des décisions que je n’avais pas prises pour le livre. Par exemple, dans le roman, je ne décris ni la maison de Harry ni les personnages. Beaucoup de choses sont laissées à l’imagination du lecteur, alors que, dans la série, il faut tout montrer. 

Qu’avez-vous pensé de la distribution?

Je n’ai jamais douté des choix d’acteurs de Jean-Jacques Annaud, car il y avait une cohérence par rapport à ce qu’il voulait faire et à ce qu’il avait en tête. Ça s’est confirmé, parce que j’ai trouvé que Patrick Dempsey, par exemple, était très solide dans le rôle de Harry Quebert, que le personnage soit jeune ou vieux. 

Maintenant, quand vous écrivez un roman, pensez-vous à la possibilité d’une adaptation?

Non, d’autant plus que je me rends compte de la difficulté de l’adaptation, c’est-à-dire de la facilité des mots pour écrire et imaginer, et de la difficulté de rendre le tout en images ensuite. Si vous avez une scène qui commence sous la pluie, eh bien, vous écrivez dans votre roman: «Il pleut», et votre lecteur imagine qu’il pleut; il peut même sentir la pluie qui lui tombe dessus. Dans une série télé, pour faire de la pluie, c’est compliqué! Il faut avoir de l’eau et des camions.

Vous êtes toujours disponible pour vos lecteurs sur les réseaux sociaux. Pourquoi? 

Je sais que ce n’est pas toujours le cas, mais en ce qui me concerne, les personnes qui me contactent sont sympathiques. Elles me font part de leur enthousiasme, de leur intérêt ou de leurs remarques, toujours de façon polie et adéquate. Je suis donc très heureux de prolonger l’échange avec elles. Je trouve aussi ça important, à l’heure du numérique, de parler littérature sur les réseaux sociaux. 

Ça n’augmente pas votre stress quand vous écrivez? 

Quand j’écris, je suis seul devant ma page, sans me projeter dans le succès d’un livre ou quoi que ce soit d’autre. Ce succès, on le vit à la parution. Quand je me remets à ma table de travail, je ne me dis pas: «Le prochain livre doit avoir du succès.» Je ne pense pas aux lecteurs. Je suis dans une dynamique où je me dis: «Qu’est-ce que j’ai envie de faire? Quel projet ai-je envie de mener?» 

Avez-vous commencé à écrire un nouveau roman?

Oui. Il avance à son rythme, mais je n’aime pas parler d’un livre tant qu’il n’est pas terminé.

Remuer le passé

Ernie Pinkas (Vlasta Vrana)

Photo : Radio-Canada

Ernie Pinkas (Vlasta Vrana)

Cette semaine, dans le deuxième épisode de la série, Marcus demande à Harry de lui raconter son histoire avec Nola afin de l’aider à prouver qu’il ne l’a pas tuée. Suivant les conseils de l’écrivain, Marcus rend ensuite visite à Ernie Pinkas, le bibliothécaire de Sommerdale, qui lui raconte des faits inattendus au sujet de Tamara Quinn, la propriétaire du Clark’s Diner, et du révérend Kellergan, le père de Nola. Au cours de ses recherches, Marcus reçoit plusieurs messages lui ordonnant de cesser son enquête sur le meurtre de l’adolescente. Il ne les prend pas au sérieux jusqu’à ce que la voiture de Harry soit incendiée. 

Marcus (Ben Schnetzer)

Photo : Radio-Canada

Marcus (Ben Schnetzer)

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