Nathalie Simard: «Je n’ai jamais été si bien dans ma peau» | 7 Jours
/magazines/lasemaine

Nathalie Simard: «Je n’ai jamais été si bien dans ma peau»

«Il s’agit de ma plus belle expérience de séance photo à vie! Pour la première fois depuis longtemps, je n’angoisse pas sur mon poids. J’essaie les vêtements, et tout me fait à la perfection!»
Photo, Julien Faugère

«Il s’agit de ma plus belle expérience de séance photo à vie! Pour la première fois depuis longtemps, je n’angoisse pas sur mon poids. J’essaie les vêtements, et tout me fait à la perfection!»

Nathalie Simard, qui a célébré son 50e anniversaire de naissance le 7 juillet, entame une nouvelle décennie plus radieuse et plus en santé que jamais. Il y a quelques mois, elle a entrepris une véritable quête de remise en forme afin de faire ce qu’elle aime le plus au monde: chanter. Elle tourne la page sur son passé et effectue un grand retour cet automne avec la compilation L’amour a pris son temps, qui sera suivie d’une tournée.  

Un mois avant l’opération  

Nathalie Simard nous a donné rendez-vous à la Clinique Michel Gagner à Westmount. Après mûre réflexion, sa décision est prise: elle subira une chirurgie bariatrique.   

Nathalie, quand as-tu décidé de prendre ta santé en main?  

En septembre dernier, on m’a convoquée en audition pour les personnages de Rosie, puis de Donna dans la comédie musicale Mamma Mia!. Lorsque Serge Postigo, le metteur en scène, m’a appelée pour m’annoncer que je n’avais pas décroché de rôle, je l’ai remercié. Je crois profondément que rien n’arrive pour rien dans la vie. Cette audition, c’était l’étincelle qu’il me fallait pour réaliser à quel point j’aime chanter, à quel point la scène me fait vibrer!  

Jusqu’à tout récemment, ton mari, Lévis, et toi étiez propriétaires d’une érablière.   

Un beau rêve qui était en train de nous brûler à petit feu. Pour attirer les gens, je donnais jusqu’à 10 shows par week-end. Mes journées de congé, je les passais à dormir. J’étais fatiguée, épuisée, complètement vidée. Je n’avais même plus l’énergie nécessaire pour aller marcher dehors! Je suis allée voir mon médecin et j’ai réalisé à quel point ma santé en avait pris un coup! Des tests ont révélé que j’étais à deux doigts de faire du diabète et du cholestérol. Ça m’a donné un choc. Il fallait que je fasse quelque chose! 

«Depuis que nous sommes ensemble, mon mari me dit à longueur de journée que je suis belle.»

Photo, Bruno Petrozza

«Depuis que nous sommes ensemble, mon mari me dit à longueur de journée que je suis belle.»

Par où as-tu commencé?  

Premièrement, en septembre dernier, j’ai arrêté de fumer. Je suis chanteuse: mes cordes vocales, c’est précieux! J’étais rendue à deux paquets par jour, moi qui avais commencé à fumer socialement, sur le tard. Comme je ne fais jamais les choses à moitié, je me suis dit que, tant qu’à arrêter de fumer, j’allais aussi perdre du poids. Je traverse présentement une super belle période de ma vie, tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel: je prépare l’album compilation et la tournée L’amour a pris son temps: 40 ans de carrière. Je veux être au top de ma forme pour mon retour sur scène.    

(Nathalie réfléchit et ajoute doucement:) Ces dernières années, j’ai beaucoup travaillé sur moi, sur mon bien-être psychologique. J’ai fait une dépression, mais je suis allée chercher de l’aide. J’ai consulté un psychologue, un psychiatre, j’ai pris le temps de guérir mon cœur, mon âme, mon intérieur. À l’aube de la cinquantaine, il était temps que je prenne soin de l’extérieur! À première vue, vouloir maigrir peut paraître superficiel, mais c’est important pour moi! Mon excès de poids s’explique en partie par les abus dont j’ai été victime dans le passé. Inconsciemment, j’accumulais les livres en trop, pour ne pas être désirable. Maintenant que j’ai fait la paix avec cette époque de ma vie, je souhaite que mon bien-être intérieur se reflète aussi à l’extérieur. La perte de poids représente l’étape finale de la démarche que j’ai entreprise il y a une quinzaine d’années.   

Quelle façon as-tu choisie pour perdre du poids?  

J’ai engagé un entraîneur privé, déterminée à me botter les fesses pour perdre mes livres en trop. (rires) Lors du premier rendez-vous, ma forme physique était pitoyable: j’avais de la difficulté à faire des squats. J’en ai presque pleuré, mais j’ai persévéré. Parallèlement à l’entraînement, j’ai commencé à surveiller mon alimentation. J’en ai suivi des régimes, dans ma vie. Je pourrais presque écrire un mémoire de maîtrise sur le sujet! (rires) Sérieusement, je sais exactement quels aliments prioriser, et surtout lesquels éviter pour perdre du poids. Mais à mon âge, le métabolisme est plus lent. Malgré mes efforts, les résultats n’apparaissaient pas sur la balance.   

Photo, Julien Faugère.

Est-ce pour cette raison que tu as décidé d’aller consulter le chirurgien Michel Gagner?  

Non. J’étais vraiment motivée à perdre mon excès de poids par moi-même, simplement avec l’exercice et l’alimentation. «Ça prendra le temps que ça prendra!» Jamais je n’ai envisagé de subir une chirurgie bariatrique, jusqu’à ce que je me blesse sérieusement à la cheville en plein entraînement. Comment veux-tu que je perde du poids si mes articulations sont trop sollicitées, justement à cause de mes livres en trop? C’est un cercle vicieux! À un moment donné, je me suis rendue à l’évidence: j’avais besoin d’un coup de main.   

Tu viens de sortir de ton premier rendez-vous en vue de subir une chirurgie bariatrique. Comment la rencontre s’est-elle déroulée?  

J’avais une tonne de questions pour le Dr Gagner, et il m’a beaucoup rassurée. La chirurgie bariatrique la plus pratiquée dans le monde présentement se nomme la sleeve, et c’est lui qui l’a découverte il y a 20 ans, alors qu’il travaillait comme chirurgien à New York. Je ne peux donc pas être entre de meilleures mains. Non seulement il est consciencieux et professionnel, mais c’est également une perle, cet homme-là.   

Pourquoi as-tu choisi de parler publiquement de cette opération?  

Certaines personnalités publiques qui subissent une chirurgie bariatrique choisissent de ne pas en parler ouvertement, et je respecte leur décision. Mais moi, je ne peux pas faire autrement que de partager mon expérience. En 2005, lorsque j’ai brisé le silence, j’ai décidé de vivre dans la vérité, un principe que j’applique encore à ce jour. Je ne serais pas capable de dire au public que j’ai perdu du poids simplement avec l’exercice et l’alimentation. Ce serait leur cacher une partie de la vérité, alors que moi, je suis dans l’authenticité. De plus, ce serait impossible de perdre autant de poids de façon saine en si peu de temps.   

«Maintenant que j’ai fait la paix avec cette époque de ma vie, je souhaite que mon bien-être intérieur se reflète aussi à l’extérieur.»

Photo, Julien Faugère

«Maintenant que j’ai fait la paix avec cette époque de ma vie, je souhaite que mon bien-être intérieur se reflète aussi à l’extérieur.»

 

La veille de l’intervention  

Comment t’es-tu préparée à l’intervention?  

Il faut d’abord suivre un plan alimentaire préparatoire pour désengorger le foie. J’ai respecté à la lettre les recommandations de la nutritionniste de la clinique Michel Gagner! Je suis assez bonne élève quand il le faut. Cette rigueur, je l’ai acquise tôt dans ma carrière de chanteuse, c’est-à-dire lorsque j’étais toute jeune. Quand j’ai un but à atteindre, je déploie les efforts nécessaires pour y arriver.   

À 24 heures du jour J, comment te sens-tu?  

Je ressens une certaine nervosité, c’est certain. Ce qui me stresse, ce n’est pas l’intervention exécutée en moins d’une heure, c’est la convalescence, la rééducation de l’estomac et la reprise des activités. Lévis et Ève, mes deux amours, me soutiennent, alors je sais que ça va bien aller et que je suis bien entourée. Ma fébrilité l’emporte sur la nervosité: j’ai hâte!   

Que veux-tu dire?  

Je répète depuis des années que j’accepte mes rondeurs, que l’important, c’est d’être bien dans ma peau, etc. Mais on va se dire les vraies affaires: avoir un surplus de poids, c’est plate. Tu as moins d’énergie, tu te déplaces moins facilement, sans compter que l’obésité occasionne des problèmes de santé. Et puis il y a aussi le jugement des autres. On a beau dire que le physique, ce n’est pas si important que ça, mais on vit dans une société d’image, et celle-ci est encore plus importante lorsqu’on exerce un métier public.   

(Nathalie jette un regard à son amoureux et ajoute avec émotion:) Mon mari, Lévis, me dit à longueur de journée que je suis belle. La démarche que j’entreprends présentement va bien au-delà de mon désir de porter de beaux vêtements pour des soirées ou des apparitions à la télévision. Je veux être bien avec moi-même. Je le fais pour moi; pas pour être belle, mais pour être bien.   

Photo : /

Crains-tu d’être jugée?  

Trop de gens pensent que la chirurgie bariatrique, c’est une solution «facile» pour maigrir. «Elle s’est fait réduire l’estomac parce qu’elle n’était pas capable d’arrêter de manger des cochonneries!» C’est faux! J’ai changé mon alimentation, je fais de l’exercice, j’ai fourni les efforts nécessaires, maintes et maintes fois, et ça n’a pas fonctionné. La chirurgie bariatrique, c’est un coup de pouce, un outil, pour m’aider à reprendre ma santé en main. D’autant plus qu’en vieillissant, c’est encore plus difficile de perdre du poids.   

Quatre mois après l’opération   

Nathalie se présente au studio de notre photographe, métamorphosée. Au-delà des livres perdues, c’est son énergie contagieuse qui retient notre attention. Elle irradie de bonheur.  

Nathalie, tu sembles en super forme. As-tu repris toutes tes activités?  

J’ai été opérée le 15 avril dernier et, deux semaines après l’intervention, je donnais une conférence à la Baie-James. Je n’étais pas au top de ma forme, mais assez bien pour jaser, chanter et rencontrer les gens. Pour ce qui est de mon alimentation, j’ai commencé par des purées, pour ensuite introduire des petites bouchées d’aliments solides. Aujourd’hui, je mange de tout, en petites portions. Je n’ai aucune restriction alimentaire. Cela dit, je suis toujours en période d’adaptation.   

Expliques-nous.  

Je cuisine beaucoup trop pour ce que je consomme, et je me retrouve à manger le même mets plusieurs repas de suite. (rires) De plus, comme ma perte de poids est assez rapide, mon cerveau n’a pas encore assimilé ma nouvelle silhouette. Par exemple, je prends un vêtement dans mon garde-robe et je suis certaine qu’il me fait, mais lorsque je l’enfile, je m’aperçois qu’il est beaucoup trop grand. Je dois aussi m’habituer au regard que les autres portent sur moi.   

Photo, Julien Faugère

Dans quel sens?  

L’autre jour, j’ai mis une petite robe noire pour aller au restaurant. Arrivée dans le stationnement, je ne voulais pas sortir de l’auto, j’étais trop... timide. Mon mari m’a pris la main et m’a dit: «On va y aller ensemble.» Vous allez dire: «Ben voyons! Elle fait de la scène, elle ne peut pas être gênée...» Pourtant, oui. Ce nouveau corps qui est le mien, je dois l’apprivoiser, petit à petit. Mais je ne regrette rien. (Nathalie réfléchit.) En fait, mon seul regret, c’est de ne pas avoir subi cette opération avant!  

C’est vrai que tu rayonnes comme jamais!  

Du point de vue de la santé, je ne fais ni cholestérol ni diabète: je suis une Nathalie toute neuve! Mais au-delà du bien-être physique, j’avais sous-estimé tout le bien-être psychologique que cette perte de poids allait m’apporter. Maintenant que j’ai perdu 55 lb, je réalise à quel point mon surpoids pesait lourd sur mes épaules, psychologiquement. Quand je donnais des spectacles, je finissais en sueur, à bout de souffle. Sincèrement, j’ignore comment j’ai fait pendant toutes ces années. Imaginez, je suis montée jusqu’à 235 lb, et me voilà à 170 lb! Lors de la pesée, le médecin m’a dit que mes os ne constituaient qu’une fraction de mon poids. Sachant que je pesais 235 lb, je me demande comment ma structure osseuse a pu supporter cette charge.  

Selon ton médecin, tu pourrais perdre 25 lb supplémentaires...   

En fait, je pourrais me rendre jusqu’à 135 lb. Tant mieux, mais le but premier de cette opération, c’était d’arriver à un poids santé, de retrouver la forme et d’avoir plus d’énergie. Quatre mois plus tard, c’est mission accomplie. Le reste, c’est juste un bonus.   

(Nathalie ajoute avec émotion...) Je n’ai jamais profité de la beauté de mon corps à 20 ans, parce qu’on me disait que j’étais grosse, que je devais maigrir. Pourtant, j’étais toute petite, je pesais 110 lb! Et là, à 50 ans, je me regarde dans le miroir, puis je me trouve belle. Vous n’avez pas idée à quel point ça fait du bien! Le lendemain de l’opération, le Dr Gagner m’a dit: «Bienvenue dans ta nouvelle vie!» Je comprends maintenant pourquoi!    

Et en terminant, comment se porte ta voix?   

Depuis ma perte de poids, je travaille avec une coach de voix extraordinaire du nom d’Isabelle Trottier. Elle m’aide à replacer ma voix. Après une importante perte de poids, on doit repositionner sa voix dans son nouveau corps. Mon médecin m’avait avisée que j’allais avoir plus de coffre et que ça allait être plus facile pour moi. C’est le cas, j’ai plus de coffre, plus de souffle, plus de puissance. C’est merveilleux! Au cours des derniers mois, tout s’est tranquillement mis en place pour que je renoue avec ce que j’aime le plus au monde: chanter!   

  • L’album compilation L’amour a pris son temps sortira le 20 septembre. La tournée L’amour a pris son temps: 40 ans de carrière: le 11 octobre à Gatineau; le 12 octobre à Terrebonne; le 5 novembre à Québec et le 11 novembre à Montréal.   
  • Pour plus de détails: productionmartinleclerc.com   

Un choix pour augmenter l’espérance de vie  

Après avoir exercé la médecine durant plusieurs années, dont 15 ans aux États-Unis, le chirurgien Michel Gagner est revenu s’installer au Québec, dans le but d’ouvrir sa propre clinique de chirurgie bariatrique. Véritable sommité en la matière, c’est lui qui a découvert la gastrectomie verticale, communément appelée la sleeve, soit la chirurgie bariatrique la plus pratiquée dans le monde.  

Docteur Gagner, à qui s’adresse la chirurgie bariatrique?  

Les gens qui se présentent à mon bureau possèdent un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 35, donc environ 100 lb au-dessus de leur poids normal. Dans leur condition, il est difficile, voire impossible, de maigrir. La chirurgie bariatrique, combinée à une saine alimentation et à un programme d’exercices, représente un excellent outil, un coup de pouce pour perdre les livres excédentaires.   

Plusieurs croient qu’il s’agit d’une intervention cosmétique...  

Il faut voir au-delà de la perte de poids, car cette intervention médicale vise d’abord et avant tout à traiter des problèmes de santé tels l’hypertension, le diabète, l’asthme, le cholestérol triglycéride, l’apnée du sommeil, etc. À la suite de l’intervention, les patients augmentent leur espérance de vie de manière significative, jusqu’à 10 ans de plus que lorsqu’ils avaient un surplus de poids, sans compter leur qualité de vie renouvelée.   

Il existe plusieurs préjugés concernant les chirurgies bariatriques dans notre société.   

Trop de gens pensent que les obèses sont responsables de leur situation. En réalité, c’est beaucoup plus complexe que ça. De plus en plus d’études démontrent que l’obésité est liée à un problème génétique. Il faut du cran pour parler publiquement de cette opération, et je salue ici le courage de Nathalie Simard qui contribue, par son témoignage, à déboulonner les mythes concernant la chirurgie bariatrique.   

La gastrectomie verticale en bref...   

  • La gastrectomie verticale, surnommée la sleeve, est la chirurgie bariatrique la plus pratiquée dans le monde pour perdre du poids ou pour contrer le diabète de type 2. Elle consiste à réduire le volume de l’estomac en laissant une section en forme de manche, d’où son surnom.  
  • Comme l’estomac est plus petit, le patient ingère moins de nourriture et perd ainsi du poids. L’intervention influence aussi l’appétit: la production d’hormones liées à la faim est réduite et le patient atteint donc la satiété plus rapidement.   
  • La sleeve est pratiquée par laparoscopie.   
  • Les patients peuvent reprendre leurs activités de deux à quatre semaines après l’intervention.   
  • De 70 à 80 % de l’excédent de poids sont perdus au cours des mois qui suivent l’intervention.   
  • La chirurgie bariatrique est couverte par le régime provincial d’assurance maladie. Cependant, la longue liste d’attente pour pouvoir en bénéficier incite plusieurs patients à se tourner vers les cliniques privées, où ils doivent débourser près de 15 000 $ pour être opérés.     

  

À lire aussi

Et encore plus