Chuck Hughes: «je suis sobre depuis 12 ans» | 7 Jours
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Chuck Hughes: «je suis sobre depuis 12 ans»

Image principale de l'article Chuck Hughes: «je suis sobre depuis 12 ans»
Photo TVA Publications, Bruno Petrozza

Chef et propriétaire de restos, Chuck Hughes travaille dans le domaine culinaire depuis 26 ans. Ayant renoué avec la sobriété il y a 12 ans, il n’y voit que des avantages. Il a choisi d’en parler ouvertement afin de montrer aux jeunes qui œuvrent dans ce milieu qu’une vie sans alcool est possible... même en cuisine. Le chef, qui est à la barre de L’atelier culinaire avec sa complice et amie Anne-Marie Withenshaw, s’est ouvert à nous.

Chuck, vous coanimez L’atelier culinaire avec Anne-Marie, une émission particulièrement conviviale. La formule vous plaît-elle?

Oui, c’est une belle émission, sans compétition. Nous voulons juste célébrer la bouffe et les recettes. C’est un gros party de cuisine et, à la fin de la journée, parents et amis se joignent à nous pour goûter les plats que nous avons préparés. Je suis aussi propriétaire de deux restos, Garde-manger et Le Bremner. La télé comme la cuisine, c’est un travail d’équipe. 

Votre famille doit être chanceuse de pouvoir compter sur un chef comme vous à la maison...

On dit toujours «Cordonnier mal chaussé»... (sourire) Ma vie a beaucoup changé par rapport à mes débuts, il y a 26 ans. À l’époque, je n’avais pas de vie. Je n’étais jamais à la maison. J’ai maintenant la chance d’être beaucoup plus présent et de cuisiner pour mes enfants. Je suis quand même chanceux. Aux restos, mon rôle a changé: je suis en cuisine, mais je suis aussi l’ambassadeur des lieux. J’aime aller saluer les gens. 

Avez-vous déjà initié les enfants à la cuisine?

Ils savent ce que je fais dans la vie. Mon fils de cinq ans adore cuisiner! Il comprend l’importance de savoir se débrouiller. Pour l’instant, mon garçon de trois ans fait des omelettes. Quand on demande aux chefs s’ils désirent que leurs enfants travaillent en cuisine, ils répondent généralement: «Pas nécessairement...» Si c’est le choix de mes enfants, je vais le respecter, mais je les initie à la cuisine pour qu’ils acquièrent une certaine autonomie et pour améliorer leur qualité de vie. À 16 ou 17 ans, je préparais des brunchs pour mes blondes. C’était mon outil de séduction... (rires) 

Récemment, vous avez dit être sobre depuis un moment. Pourquoi avoir choisi de partager cette information avec le grand public?

Je suis sobre depuis 12 ans. Je ne suis pas différent des autres... Nous avons tous quelque chose. Dans l’industrie, c’est un problème courant; je ne suis ni le premier ni le dernier. Qu’on soit chef alcoolique ou comptable alcoolique, c’est le même combat. Je veux dire aux jeunes qui débutent dans l’industrie de ne pas tomber dans le panneau. Souvent, on pense que nos problèmes sont insurmontables, qu’on est seul au monde. Ce n’est pas le cas. C’est mon problème, je le gère chaque jour. Je veux être honnête. Je n’ai pas envie de cacher mon problème; en fait, ça, ça me fait plus peur que d’en parler. Peut-être que quelqu’un entendra mon histoire et se dira: «Si ce gars-là est capable, moi aussi je le suis.»

Vous croyez donc qu’on peut avoir autant de plaisir en étant sobre.

Oui, sinon plus. Depuis 12 ans, je mesure mes folies. Je suis toujours en pleine maîtrise de mes moyens. Je sais ce que je dis à 9 h ou à 2 h du matin. C’est ce qui me donne ma force. Avant, à partir de 11 h 30 le soir, la situation était bien différente... J’ai été chanceux. 

Diriez-vous qu’arrêter de boire a fait de vous un meilleur homme et un meilleur entrepreneur?

C’est sûr que cette décision a amélioré ma vie à bien des égards. Beaucoup de gens qui sont dans des métiers créatifs ont peur de vivre sans alcool, comme si leur créativité était liée à leur consommation... Comme je leur dis toujours: «Ça, c’est dans ta tête!» Même si tu prends un verre de vin, tu n’es pas meilleur... Moi aussi, c’est ce que je croyais, mais j’ai quand même réussi à renoncer. Ça n’a pas été facile. Il m’a fallu plusieurs années pour y arriver. J’encourage les jeunes et moins jeunes à faire de même. 

  • Regardez L’atelier culinaire, le vendredi à 19 h, à Zeste (la chaîne est débrouillée jusqu’au 19 septembre).
  • Chuck est propriétaire des restaurants Garde-manger et Le Bremner (crownsalts.com).
  • Anne-Marie Withenshaw est porte-parole de Good Food.
  • Elle anime aussi C’est juste de la télé

Deux grands amis

Il coanime L’atelier culinaire avec Anne-Marie Withenshaw

Photo TVA Publications, Dominic Gouin

Il coanime L’atelier culinaire avec Anne-Marie Withenshaw

Chuck et Anne-Marie sont de grands complices. Le chef le confirme: «Nous côtoyions le même milieu. Nous avons eu une enfance assez semblable: nous sommes enfants uniques. Nous avons plusieurs points en commun. Anne-Marie a été la coproductrice d’une de mes premières émissions de télé il y a 10 ans, Chuck’s Day Off; c’est comme ça qu’on s’est rencontrés. Nous sommes des amis dans la vraie vie. Nous avons un passé, ça explique notre belle complicité à l’écran.»

Sa grande amie ajoute: «Nous avions des amis en commun, mais nous ne nous connaissions pas. Dès notre première rencontre, nous avons eu le sentiment d’être comme frère et sœur. Je n’en revenais pas qu’il ne fasse pas de télé! Je l’ai encouragé fortement à en faire. Avec Chuck’s Day Off, c’était la première fois qu’il animait, et moi, que je produisais, et nous avons vendu l’émission dans une soixantaine de pays! Nous avons beaucoup travaillé ensemble. Nous avons rencontré nos conjoints en même temps. Nos couples ont grandi ensemble. Nos enfants ont le même âge. Nous voyageons ensemble. Chuck est comme le frère que je n’ai jamais eu...» 

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