José Gaudet: après une année de changements | 7 Jours
/magazines/7jours

José Gaudet: après une année de changements

«Je veux prendre le temps de vivre»

Image principale de l'article Après une année de changements
Photo Bruno Petrozza

Les derniers mois de la vie de José Gaudet ont été mouvementés, c’est le moins qu’on puisse dire: une séparation, un déménagement, de nouveaux projets, une nouvelle amoureuse... Je lui parle d’un véritable tsunami, mais l’artiste n’aime pas cette image, même s’il l’a lui-même déjà utilisée. «J’ai arrêté, car je trouve que c’est une image forte, violente. Ça a quelque chose de dramatique, ça évoque une catastrophe. Il faut trouver un autre mot, plus positif, pour ce que je vis. Parce que, oui, ça a brassé, mais ça mène à quelque chose de beau.»  

► Photos: Bruno Petrozza, assisté de Massimo Petrozza Maquillage-coiffure: Valérie Quevillon Styliste: Annie Richard   

C’est vrai que les derniers mois ont été intenses pour José Gaudet. Il y a eu sa séparation d’avec Ève, sa conjointe pendant les 18 dernières années et mère de ses enfants, Satine et Isaac, la vente de la grande résidence familiale, la fin de son émission radiophonique, le décès de son père il y a plus d’un an... Oui, ça fait beaucoup en peu de temps. Surtout si on ajoute à tout ça sa rencontre avec une nouvelle femme dont il est amoureux, l’achat d’une maison — avec vue sur d’immenses champs et sur le coucher du soleil —, un déménagement et des boîtes qu’il n’a pas encore eu le temps de vider! L’animateur, humoriste et homme de radio affirme que tous ces bouleversements dans sa vie sont positifs. Bien que José ait toujours devant lui des projets qui lui tiennent à cœur — dont une septième saison à la co-animation de Ça finit bien la semaine, à TVA —, il est heureux de retrouver cette année une chose rare: du temps. C’est d’ailleurs le défi qui attend ce passionné de voitures: apprendre à se poser et évaluer tous les chemins qui s’offrent à lui... Entrevue avec un homme heureux qui, après le tourbillon, apprivoise sa nouvelle vie.  

José, c’est la grande rentrée pour toi...  

Oui. On célèbre -cette année la 10e saison de Ça finit bien la semaine, mais techniquement c’est notre septième saison à Julie et moi.  

J’ai l’impression que ça fait à peine trois ou quatre ans que vous êtes en ondes!  

Nous aussi! (rires) On s’est dit la même chose. Ça n’a pas de bon sens comme ça passe vite, je ne le crois pas! Je n’avais jamais fait ce genre de contrat avant. J’avais fait beaucoup de trucs en humour, mais, être animateur et réaliser des entrevues parfois émouvantes ou sérieuses, c’était nouveau pour moi, même si les gens qui me connaissent dans la vie savent bien que je suis capable de tout ça. Je ne suis pas juste le gars avec un abat-jour sur la tête... même si je suis beaucoup ça aussi! (rires) J’ai autre chose à offrir.  

Photo Bruno Petrozza

À quoi attribues-tu le succès de votre émission?  

À toute l’équipe et, sans aucun doute, à notre complicité, à Julie et moi. Car le concept est assez simple: tu prends une fille et un gars, et tu invites des vedettes. Ce qui est différent dans notre cas — et les invités nous le disent —, c’est l’ambiance douce et relaxe de notre plateau. On aime nos invités, et on veut juste jaser avec eux.   

C’était important, cet aspect-là...  

Oui. Lorsque j’ai commencé à coanimer l’émission, quelques artistes se méfiaient. Surtout les humoristes qui avaient déjà été invités aux Grandes Gueules, où l’on faisait des roasts bien sentis; ça faisait partie du show de radio. Je revois Louis-José Houde assis au bout de sa chaise, prêt. Quand je lui ai posé une petite question, il m’a répondu: «Toi, je te vois venir, mais je ne suis pas sûr où tu t’en vas avec ça...» En fait, je m’en allais nulle part! (rires) Les humoristes me regardaient bizarrement lors de la première saison. Ils s’attendaient toujours à ce que j’arrive avec quelque chose de déstabilisant pour les surprendre. Pourtant, ça ne me passait même pas par la tête. Ce n’était pas le concept.  

Est-ce qu’il y aura des changements cette année?  

Beaucoup! La facture visuelle va changer. On vient de tourner une toute nouvelle intro pour donner le ton de l’émission. Avec les années, on était rendus bien confortables dans notre pattern; cette saison, on casse un peu ce moule. On veut être encore plus «vendredi soir à 19 h». Ça veut dire qu’on veut sortir de notre zone de confort. Ainsi, s’il y a quelque chose de dur ou de triste qui s’est passé dans la vie d’un invité, on ne fera pas semblant que ça n’existe pas, mais on n’ira pas le chercher à tout prix. C’est vendredi soir et on veut de bonnes entrevues, faites dans le bonheur. On veut s’amuser et continuer à offrir une émission qui fait du bien.    

Photo Bruno Petrozza

  

On verra aussi bientôt le documentaire Au volant d’une belle cubaine, que tu as tourné à Cuba avec Gildor Roy.  

Oui, j’ai adoré faire cette émission, même si c’est un des contrats les plus durs que j’ai faits sur le plan physique. J’ai eu très, très chaud! Il y a des canicules là-bas aussi. J’étais en tournage pendant deux semaines et je suis tombé dans une période où, durant trois jours, il a fait 45 °C, sans compter l’humidité. À 7 h du matin, même à l’ombre, on dégoulinait!  

Dans de telles conditions, bien paraître pour la télévision devenait un défi!  

C’était impossible! On a choisi de rester le plus naturel possible, sans maquillage. De toute façon, ça n’aurait pas tenu, alors on n’avait pas le choix. On ne pouvait pas attendre que je n’aie pas d’eau dans le front pour tourner: j’en avais toujours! D’autant plus que c’était un documentaire; on n’animait pas, on était dans l’action. On transpirait et tout le monde avait chaud! Par contre, on a vécu La Havane pour vrai. C’était exceptionnel d’être dans cette ville, de voir comment les Cubains y vivent, y pensent et y mangent. Je sais qu’en général on n’apprécie pas particulièrement la nourriture à Cuba, mais à La Havane il y a de grands restaurants, des endroits fantastiques.  

Y a-t-il d’autres choses qui s’annoncent pour toi cet automne?  

Il y a ces deux émissions à la télévision, mais je ne ferai pas de radio. C’est rare. Je pensais aussi avoir un rôle dans une télésérie — j’ai pensé l’avoir pendant deux mois —, mais je ne l’ai pas eu parce que le reste du casting est dans la trentaine et, moi, j’approche la cinquantaine. Le réalisateur a eu l’intelligence de me dire: «Je vais te nuire.» Il savait que je voulais le rôle, mais il m’a rendu service.   

Es-tu en train de me dire que le jeu t’intéresse?  

Cette audition a eu lieu à la suite d’un concours de circonstances. Mais oui, le jeu m’intéresse; j’aimerais faire ça. Avant, je n’avais jamais le temps, car j’étais trop occupé. Quand j’ai été à cette audition, ça s’est super bien passé. Je n’ai pas eu le rôle, mais j’ai senti que j’aurais pu insister un peu. J’ai choisi de ne pas le faire, parce que je ne voulais pas m’imposer à un réalisateur que je respecte et que j’aime, surtout que ç’aurait été une première expérience dans un rôle. L’autre truc, c’est que j’ai vu ça comme un signe du destin. Ça fait des années que je veux m’asseoir pour regarder tout ce que je prends en note afin d’écrire. Je ne le fais jamais, parce que je ne trouve pas le temps. Cet automne, j’en aurai donc l’occasion, ce qui ne m’est pas arrivé depuis très longtemps.   

Que prends-tu en note?  

Des idées, des phrases, des gags, des numéros... Depuis quatre mois, j’en prends plus. Il y a des idées que je dois présenter à un producteur pour une télésérie. Je ne voudrais pas l’écrire, mais je pourrais très bien avoir l’idée originale, la présenter à de bons auteurs et fournir la bible des personnages et des séquences, par exemple. Dans ces notes, il y a aussi une idée de film que je raconte aux gens et qui semble bonne... (rires) Le reste, c’est plus pour un one man show. Je ne sais pas si je vais me rendre là et, si je le fais, je n’ai pas envie d’être obligé de me vendre et de faire une longue tournée. J’ai simplement le désir d’être sur scène.   

Photo Bruno Petrozza

Le reste t’intéresse moins?  

Entre nous, la vie m’a bien gâté. Si je fais un show, c’est pour croiser des gens et pour le plaisir d’être sur scène. Être le meilleur vendeur ne m’intéresse plus. J’ai 48 ans et l’année qui vient de passer m’a vraiment donné le goût de prendre le temps de vivre. Je me suis souvent dit: «Mais câline, je cours après quoi? Est-ce que je peux arrêter juste un peu?»  

De toute façon, ce n’est pas comme si tu n’avais rien réalisé!  

Au-delà de ça, ça ne me tente plus d’être trop stressé. J’ai senti ce changement cette année. Je ne sais pas si c’est dû à l’âge ou aux événements marquants que j’ai vécus ces dernières années (le décès de mon père, ma séparation, le déménagement...).   

On dit souvent qu’il faut tirer le meilleur parti de toute expérience. Tu y es arrivé?  

Absolument. Il le faut. Par exemple, après le décès de mon père, ma sœur, mon frère et moi, on s’est beaucoup rapprochés. On est tous partis en voyage au début janvier. À la fin de l’année dernière, je vivais une séparation et j’avais une semaine de libre pour partir en voyage. J’ai raconté ça lors d’un souper de famille, et ma sœur a lancé: «J’aimerais tellement ça, y aller!» Je lui ai alors dit: «Sais-tu quoi? Je t’invite!» En cours de route, ma sœur m’a dit que ce serait le fun que notre frère vienne lui aussi. Le 23 décembre, il nous a annoncé qu’il venait. Ç’a été exceptionnel! Ça ne nous était pas arrivé depuis notre tendre enfance d’être réunis juste nous trois. Ce voyage a parti notre année comme il faut. C’était fou de se retrouver, de reconnecter, de se raconter les bouts de vie qu’on avait manqués de part et d’autre.  

Vous avez aussi fait un autre voyage plus récemment, avec votre mère cette fois?  

On est allés célébrer un anniversaire en famille. Il y avait ma mère, nos blondes et nos chums; c’était encore une fois très agréable. On est tous très proches. Je donne souvent à mes propres enfants l’image de mon frère, ma sœur et moi. Je veux qu’ils sachent combien c’est important et précieux d’être unis. C’est une force. Je suis content de cet exemple que nous donnons aux enfants.   

La famille, c’est important. Je suppose que ça le demeure tout autant, sinon plus, depuis qu’Ève et toi, vous êtes séparés après 18 ans de vie commune.  

Oui, les relations familiales sont importantes pour moi. Même chose pour mon noyau serré. En plus, Ève et moi, on vit une super séparation.  

Ce qu’on lit sur les réseaux sociaux et ce qui se passe dans la réalité, ça peut parfois être deux choses. Dans votre cas, la réussite de votre séparation est-elle réelle?  

Tellement! Ève et moi avons pensé aux enfants. On est restés sous le même toit jusqu’à ce que Satine et Isaac terminent l’école. On a été au bal des finissants de notre fils ensemble. Je ne te dis pas que ç’a été joyeux pendant six mois, mais il y a eu seulement quelques moments qui ont été plus difficiles. Et si c’était à refaire, je ferais la même chose! On s’est parlé, expliqués et bien entendus. On a aussi établi nos limites. On était rendus là. Sincèrement, je suis plus fier de la façon qu’on s’est séparés que de la façon qu’on a géré nos dernières années de couple, alors qu’on s’évitait. On menait en quelque sorte deux vies parallèles, mais on n’était pas prêts pour une séparation. Ce qui est bien, c’est que durant notre cohabitation, lorsqu’on était séparés, les enfants nous ont vus plein de fois rire comme des fous. On avait du fun dans notre vie. Jeunes, on était follement amoureux, et on a fait plein de choses ensemble. Ça ne disparaît pas comme ça! C’est juste qu’un moment donné on s’est rendu compte qu’on ne faisait plus rien ensemble, qu’on ne se croisait plus vraiment. Mais il y a encore du respect entre nous.  

C’est une belle leçon à donner aux enfants...  

Je leur ai dit textuellement: «Je suis moins fier de ce qu’on vous a montré les dernières années que de notre séparation.» Parce qu’évidemment, quand ça ne nous tente pas d’être avec l’autre, on fait moins d’activités ensemble, on reçoit moins à la maison... Durant notre séparation, j’ai eu de belles conversations seul à seul avec les enfants. Je me suis beaucoup rapproché d’eux. En même temps, il faut qu’on leur laisse le temps de s’adapter, de s’habituer à une maison, puis à une deuxième. Tout se place avec le temps. Et on s’aide, Ève et moi. On a la garde partagée, mais, si Ève a un empêchement, je vais chercher les enfants, et elle fait la même chose si j’ai quelque chose. Plus que ça, encore: ce soir, Ève a un engagement, alors c’est ma blonde qui va aller chercher Satine chez elle.   

Parlant de la nouvelle femme dans ta vie, Andréa Babb, tu nous l’as présentée pour la première fois sur le tapis rouge du Gala Artis, rien de moins!  

Avec sa conjointe, Andréa, lors du dernier Gala Artis.

Photo Sébastien St-Jean

Avec sa conjointe, Andréa, lors du dernier Gala Artis.

Ah, que je n’étais pas sûr! (rires) Je ne savais tellement pas quoi faire! C’est mon amie Marie-Christine Proulx qui m’a convaincu d’inviter Andréa. Au début, je pensais y aller seul ou encore avec ma fille, mais quelques jours avant l’événement Marie-Christine m’a demandé: «Ça va changer quoi?» J’étais dans une nouvelle relation, je ne voulais pas de stress. En plus, je me disais: «Et si dans un an on n’est plus ensemble?» Puis j’ai réalisé: «Bien oui, qu’est-ce que ça va changer?» On est bien ensemble, ma blonde et moi. On est dans l’instant présent. Dix jours avant le gala, je lui ai dit qu’elle devait se trouver une robe. Elle n’a donc eu que quelques jours pour se trouver un look pour le tapis rouge! (rires) Elle m’a dit de ne plus jamais lui faire ça! Elle aussi était stressée. Ce n’est pas son milieu et, en plus, elle est anglophone. Elle n’a pas trop d’accent et elle comprend très bien le français, ce qui donne l’impression qu’elle est francophone, mais pas du tout! Ça roule en fou dans sa tête sur un tapis rouge!  

Il y a eu tout un tsunami dans ta vie, ces derniers mois!  

«Tsunami». J’ai souvent utilisé ce mot, puis j’ai arrêté, parce que je trouve que c’est une image forte, violente et je ne veux pas l’attirer. Ça a quelque chose de dramatique, ça évoque une catastrophe. Il faut trouver un autre mot, plus positif, pour parler de ce que je vis. Parce que, oui, ça a brassé, mais ça mène à quelque chose de beau.   

As-tu trouvé un autre mot, une autre expression pour qualifier tout ça?  

Je dis «tourbillon», et au travers de tout ça la vie continue. J’ai emménagé dans une nouvelle maison, j’ai des travaux à faire, je suis parti pour Cuba, je n’ai pas eu le temps de défaire mes boîtes... Ç’a été fou: un tourbillon pour vrai! Autant je n’avais pas de contrats, autant je n’ai pas eu d’été! Tout a été vite, et, là, je veux me poser un peu.   

Ce tourbillon, tu l’acceptes bien?  

Oui, malgré tout, ç’a été une belle année. Sincèrement, il y a plein de positif, plein de beau dans tout ça. Sur le plan professionnel, j’ai Ça finit bien la semaine et Au volant d’une belle cubaine, j’ai du temps pour écrire et j’ai de beaux projets en tête. Sur le plan personnel, j’ai l’essentiel: je me suis rapproché de mon fils et de ma fille, j’ai une nouvelle maison qui me plaît énormément, une nouvelle conjointe avec qui je suis super bien et avec qui il n’y a pas de pression. On verra la suite. Puis, avec Ève, ça va bien.  

Donc, tu es un homme heureux en ce moment? Es-tu plus paisible?  

Je suis heureux, oui. Pour ce qui est d’être paisible, j’y travaille. Après le tourbillon que j’ai vécu, je suis rendu à me poser un peu, à respirer. Je veux apprendre à profiter de ma nouvelle vie, à ralentir... Je me dis que j’ai beaucoup donné, que j’ai beaucoup fait. Je veux prendre du temps pour vivre, maintenant.  

  

Ça finit bien la semaine, vendredi 19 h à TVA, dès le 13 septembre.  

Au volant d’une belle cubaine, lundi 21 h à Z, dès le 14 octobre.   

L'équipe du 7 Jours tient à remercier le personnel de l'hôtel Gault pour son accueil lors de la séance photo. 449 Rue Sainte-Hélène, à Montréal. hotelgault.com   

À lire aussi

Et encore plus